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Découvrir l’échinacée et ses bienfaits

Réputée pour la beauté de ses fleurs roses, l’échinacée est aussi considérée comme une plante médicinale très puissante. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser l’échinacée, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante

bienfaits de l'échinacéeLes échinacées (ou « echinacea ») sont un genre de plantes issu de la famille des astéracées. Elles comprennent neuf espèces et deux sous-espèces qui sont toutes originaires d’Amérique du Nord. En herboristerie, trois espèces sont réputées et sont considérées comme des plantes médicinales par la Pharmacopée française : Echinacea purpurea, Echinacea angustifolia et Echinacea pallida. Il s’agit donc de l’échinacée pourpre, de l’échinacée à feuilles étroites et de l’échinacée pâle. La plante trouve ses origines en Amérique du Nord. Elle a néanmoins fait l’objet d’une importation en Europe après sa découverte.

Ces plantes mesurent environ un mètre de hauteur et arborent des fleurs particulières, de couleur rose (parfois jaune ou blanche). Les fleurs possèdent un centre et ce dernier est recouvert de pointes piquantes. Les feuilles de la plante sont entières et lancéolées. La racine est fusiforme et les capitules terminaux sont de grande taille. Ces derniers se constituent de fleurs tubuleuses réunies en boules. Les fleurs ligulées sont tombantes et leur forme rappelle celle des marguerites.

L’échinacée possède une composition unique, faite d’acides gras, d’alcaloïdes et de polysaccharides complexes. On y trouve également des composés phénoliques, de l’huile essentielle ainsi que des alkyamides (ou alcamides). En phytothérapie, toutes les parties de la plante peuvent s’utiliser, y compris la racine. Et elle se consomme sous plusieurs formes. Ses propriétés médicinales intéressent plus que jamais la science moderne.

Origine et historique

L’échinacée provient d’Amérique du Nord. Les Amérindiens qui vivaient non loin des Rocheuses utilisaient les échinacées pour soigner divers problèmes de santé, comme les morsures de serpent ou les infections des voies respiratoires. Au cours de fouilles archéologiques effectuées sur les sites anciennement fréquentés par les Sioux Lakotas, les chercheurs ont découvert des semences d’échinacée datant du XVIIe siècle. Par la suite, les colons européens se sont inspirés des usages médicinaux des Amérindiens et ont, eux aussi, utilisé l’échinacée pour se soigner. À partir des années 1800, les médecins classiques comme les partisans de la médecine éclectique utilisaient alors l’échinacée dans leurs méthodes et leurs pratiques.

Au cours de la première moitié du XXe siècle, la plante apparaissait dans la célèbre liste des ingrédients pharmaceutiques du Formulaire national des États-Unis. Par la suite, la plante a vu sa cote de popularité baisser en raison de l’arrivée des antibiotiques dans le commerce. Ces derniers ont depuis ce jour remplacé la plante dans le cadre du traitement des infections anciennement traitées avec l’échinacée. Cependant, les médecins allemands, qui ont finalement découvert cette plante aux alentours de 1920, ont continué à l’utiliser couramment. C’est en 1938 que la plante fera pour la première fois l’objet d’études scientifiques à l’initiative du médecin allemand Gerhard Madaus. C’est d’ailleurs en Allemagne que s’effectuera la majeure partie des études scientifiques sur la plante américaine.

L’échinacée finit par devenir si populaire en Europe que les approvisionnements provenant des États-Unis ont commencé à manquer. Le médecin G. Madaus a donc décidé de l’implanter sur le sol européen afin de la cultiver à plus grande échelle. Aujourd’hui, l’échinacée commence à retrouver sa popularité perdue aux États-Unis et en Amérique du Nord en raison du développement de la résistance aux antibiotiques chez les micro-organismes.

Recherches et bienfaits

bienfaits de l'échinacée

Prévention et traitement du rhume

S’il existe une vertu pour laquelle l’échinacée est connue, c’est bien son action contre le rhume. La plante posséderait des propriétés hors du commun pour prévenir, mais également pour réduire l’intensité des symptômes du rhume. La majeure partie des études scientifiques qui portent sur l’efficacité de l’échinacée sur le rhume a montré des résultats concluants dans ce sens (1) (2). Deux méta-analyses des données disponibles à ce sujet ont également mis en évidence l’efficacité d’un traitement à l’échinacée pour réduire l’intensité des symptômes du rhume : la congestion, le mal de gorge, l’écoulement nasal, les maux de tête, les frissons, les faiblesses… (3) (4).

Par ailleurs, l’efficacité de la plante semble plus importante lorsqu’on la consomme le plus tôt possible. Et ce, dans le cadre d’une cure d’une durée allant de sept à dix jours. Les études suggèrent alors que les effets de l’échinacée sur les symptômes du rhume reposent en grande partie sur ses pouvoirs anti-inflammatoires. Et notamment sur sa capacité à bloquer la production de cytokines, qui sont les molécules de l’inflammation (5).

En plus d’agir sur les symptômes du rhume, la plante peut aussi améliorer la prévention de la maladie. En 2007, les auteurs d’une méta-analyse sont parvenus à la conclusion que l’échinacée aide à réduire la fréquence du rhume de 58 % (6). Trois ans avant cela, une étude menée sur des enfants a démontré le pouvoir préventif sur l’incidence des infections des voies respiratoires de l’échinacée associée à de la vitamine C et à de la propolis (7). Enfin, une autre étude portant sur les effets de l’échinacée a mis en évidence sa capacité à réduire le rhume et ses symptômes de 21 % (7). Il semblerait donc que cette plante nord-américaine soit l’une de nos meilleures alliées face à cette affection.

Amélioration du système immunitaire

L’échinacée est une plante qui détient une certaine influence sur nos défenses naturelles. Elle intervient donc dans le cadre de la prévention de nombreuses maladies, à l’image du rhume donc, mais aussi de la grippe et des otites. En effet, les études préliminaires rapportent que la consommation d’échinacée pourrait réduire les probabilités de souffrir d’une infection respiratoire, notamment pour les personnes touchées par des problèmes respiratoires (8). De plus, associée à la sauge, l’échinacée interviendrait également dans le traitement du mal de gorge lié à la pharyngite aiguë (9). Bon nombre de personnes réalisent alors des cures d’échinacée à l’approche de l’hiver afin de mieux prévenir les agressions extérieures.

Les résultats de nombreuses études ont conduit à la conclusion que l’échinacée stimulait le système immunitaire de plusieurs manières, et notamment en s’en prenant aux cellules cancéreuses (10) (11). Ainsi, les chercheurs se sont penchés sur les possibles effets bénéfiques de la plante face au cancer. Pour l’heure, les études réalisées en ce sens sont trop peu nombreuses. D’autres essais cliniques sont nécessaires pour conclure à une véritable efficacité de la plante. Cependant, une étude réalisée sur les victimes de Tchernobyl montre que l’échinacée pourrait également avoir un pouvoir protecteur contre les radiations (12). Une autre étude menée en 2009 a permis de confirmer le fait que l’échinacée réduit les dommages causés par les radiations, notamment dans le cadre de la radiothérapie (13).

Les autres études réalisées

La consommation d’échinacée, lorsqu’elle s’associe à l’utilisation d’une crème antifongique, permet de réduire la récidive d’infection de près de 16 % dans le cadre des infections vaginales à levure (14). Cela est en majeure partie dû à ses incidences sur le système immunitaire humain. Lorsqu’elle se combine au Sambucusnigra, l’échinacée serait aussi en mesure de réduire considérablement la gingivite. Il s’agit d’une inflammation de la gencive liée à l’excès de plaque dentaire. Cet effet est d’ailleurs souvent observé auprès des individus atteints de parodontite chronique (15).

Par ailleurs, la prise d’échinacée permet d’augmenter la capacité d’oxygène au cours des séances d’exercice chez les sujets en bonne santé. Ainsi, la plante est capable d’améliorer nos performances physiques et notre résistance à l’effort (16). De plus, les résultats d’une recherche préliminaire suggèrent que la plante américaine permet de réduire les symptômes de l’anxiété au terme d’une cure d’une semaine (17).

La Commission E. reconnaît l’usage de la plante américaine comme traitement complémentaire aux infections des voies respiratoires. Il peut s’agir de la sinusite, de la laryngite, ou du rhume, par exemple. La plante peut aussi s’utiliser en traitement complémentaire dans les cas d’infections des voies urinaires. La Commission E. reconnaît également son usage dans le cadre du traitement des plaies cutanées et des ulcères chroniques. Dans l’ensemble, l’ESCOP et l’Organisation mondiale de la Santé confirment ces usages de l’échinacée. De plus, L’ESCOP reconnaît aussi l’utilisation de cette plante dans un cadre préventif du rhume.

Consommation, indications et posologie

bienfaits de l'échinacéeL’échinacée se consomme de plusieurs façons : en infusion, en décoction, en capsules, en extraits solides normalisés, en teinture ainsi qu’en jus stabilité ou frais. En infusion, il convient de faire infuser un gramme de parties aériennes ou de racines séchées dans une tasse d’eau bouillante durant une dizaine de minutes. Il est possible de boire entre une et six tasses d’infusion d’échinacée par jour. En décoction, il suffit de faire bouillir un gramme de racines dans une tasse d’eau durant cinq à dix minutes, et d’en prendre jusqu’à trois tasses par jour.

En ce qui concerne les capsules ne contenant que de la poudre de parties aériennes ou de racines, il est recommandé d’en prendre un gramme, jusqu’à trois fois par jour. Pour les extraits solides normalisés, la concentration varie souvent en fonction des produits. Il faut alors prendre l’équivalent d’un gramme d’échinacée jusqu’à trois fois par jour. Reportez-vous aux indications présentes sur le produit. En teinture, on consomme trois à quatre millilitres d’échinacée jusqu’à trois fois par jour. Il faut la garder en bouche plusieurs secondes avant de l’avaler. Enfin, en jus, il est recommandé d’en prendre entre un et trois millilitres, trois fois par jour.

L’échinacée peut aussi s’appliquer par voie externe afin de favoriser la guérison des inflammations et des blessures de la peau. Pour cela, il faut en appliquer en crème chaque jour sur les surfaces atteintes. Celle-ci doit comprendre 15 % de jus provenant des parties aériennes de l’échinacée pourpre. En cas de doute, sollicitez l’avis de votre médecin avant d’utiliser un produit à base de plantes.

Association avec d’autres plantes et interactions

On ne connaît à l’échinacée aucune interaction particulière avec d’autres plantes et suppléments, hormis celles énumérées au cours de la présentation des études cliniques. En revanche, la plante peut interagir avec certains médicaments. En effet, en cas de maladie auto-immune, de transplantation ou de greffe, les patients prennent des médicaments qui réduisent ou suppriment les défenses immunitaires. En théorie, l’échinacée serait donc capable de contrer les effets de certains immunodépresseurs, comme les corticostéroïdes ou la cyclosporine. Si vous suivez un traitement de cette nature, consultez votre médecin avant de prendre des compléments alimentaires.

Certains médicaments sont métabolisés à l’aide de l’enzyme CYP450 3A4. Un essai réalisé in vitro a démontré que l’échinacée peut inhiber de manière subtile cet enzyme. De ce fait, elle peut augmenter la concentration de certains médicaments dans l’organisme, comme le kétoconazole, la lovastatine, le triazolam et l’itraconazole. Néanmoins, selon les chercheurs, cette interaction ne présente aucun danger pour les patients (18). Enfin, il faut savoir que l’échinacée serait en mesure d’augmenter les taux sanguins de caféine de 30 %.

Contre indications

L’Organisation mondiale de la Santé, la Commission E. et l’ESCOP déconseillent l’échinacée en cas de maladie systémique. Il peut s’agir par exemple de la tuberculose et du sida. Il en est de même pour les maladies auto-immunes comme le lupus, la sclérose en plaques et la collagénose en raison d’une possible influence de la plante sur le système immunitaire. Certains chercheurs estiment néanmoins qu’il s’agit d’extrapolations et que les patients atteints du lupus ou de l’arthrite pourraient bénéficier de pouvoir normalisateur de la plante. Par ailleurs, des spécialistes de l’American Botanical Council estiment que l’usage de l’échinacée n’est pas contre-indiqué aux personnes atteintes du VIH. Et ce, même si celles-ci doivent avoir conscience que la plante ne traite pas la maladie (19).

Une consommation d’échinacée peut entraîner l’apparition de rares effets indésirables, qui sont de légers troubles digestifs, des étourdissements, des réactions allergiques, de l’insomnie, une perte d’orientation et un assèchement buccal. Dans certains cas, l’effet anesthésique de la plante entraîne de légers picotements sur le bout de la langue. Et ce notamment en raison du fait que l’on dissout le plus souvent l’échinacée dans l’alcool. La plante stimule la fonction immunitaire et peut ainsi exacerber certaines maladies auto-immunes. Enfin, les personnes sujettes aux allergies présentent un risque accru d’avoir des réactions allergiques lors d’une consommation d’échinacée.

Conseils : où et comment acheter la plante

L’échinacée figure parmi les compléments alimentaires les plus efficaces. On la trouve dans les magasins bio, dans les herboristeries et dans certaines parapharmacies. Vous trouverez également la majeure partie des produits à base de cette plante sur Internet. Assurez-vous de toujours sélectionner un vendeur de confiance lors de vos achats sur le web. Vérifiez également la provenance de vos produits, la liste des ingrédients et les méthodes de fabrication utilisées. Le lieu de production des différents produits à base d’échinacée est également un critère de choix à important à vérifier.

L’échinacée est une plante originaire d’Amérique du Nord. Les plantes utilisées dans la confection des produits doivent donc en toute logique provenir de cette région du globe. Dans l’idéal, les plantes ne devront pas avoir subi d’exposition à des traitements chimiques (comme les pesticides notamment). Elles doivent également avoir fait l’objet de processus de transformation naturels. Choisissez si possible de l’échinacée issue d’une agriculture biologique et durable. Cela vous permettra de retrouver tous les composants de la plante parfaitement intacts.

Notes & références

1. Echinacea for upper respiratory infection. Barrett B et al. J Fam Pract 1999.
2. Echinacea for preventing and treating the common cold. Melchart D et al. Cochrane Database Syst Rev 2000.
3.. Echinacea purpurea therapy for the treatment of the common cold: a randomized, double-blind, placebo-controlled clinical trial. Yale SH, Liu K Arch Intern Med. 2004.
4. Efficacy and safety of echinacea in treating upper respiratory tract infections in children: a randomized controlled trial. Taylor JA et al. JAMA.2003
.
5.   Evaluation of echinacea for the prevention and treatment of the common cold: a meta-analysis. Shah SA et al. Lancet Infect Dis. 2007.
6. Effectiveness of an herbal preparation containing echinacea, propolis, and vitamin C in preventing respiratory tract infections in children: a randomized, double-blind, placebo-controlled, multicenter study. Cohen HA et al. Arch Pediatr Adolesc Med. 2004.
7. Jawad M et al. Safety and efficacy profile of Echinaceapurpurea to preventcommon cold episodes: A randomized, double-blind, placebo-controlled trial. EvidBasedComplement Alternat Med 2012.
8. Use of a standardizedextractfromEchinaceaangustifolia (Polinacea) for the prevention of respiratory tract infections. Di Pierro F et al. Altern Med Rev 2012.
9.
 Echinacea/sage or chlorhexidine/lidocaine for treating acute sore throats: a randomized double-blind trial. Schapowal A, Berger D, et al.
10. Cytokine production in leukocyte cultures during therapy with Echinacea extract. Elsasser-Beile U et al. J Clin Lab Anal 1996.
11. Nonspecificimmunostimulation with low doses of cyclophosphamide (LDCY), thymostimulin, and Echinacea purpurea extracts (echinacin) in patients with far advanced colorectal cancers: preliminary results.
Lersch C et al. Cancer Invest 1992.
12. Pochernyayeva VF. Echinacea symposium presents new research on Chernobyl victims. 1999; International Echinacea Symposium (Kansas City), American Herbal Products Association.
13. Biologicaleffects of Echinaceapurpurea on humanbloodcells. Joksic G et al. Arh.Hig.RadaToksikol. 2009.
14. Recurrentcandidiasis: Adjuvant immunotherapy with different formulations of Echinacin. Coeugniet EG, Kuhnast R. Therapiewoche 1986.
15. Localizedreduction of gingival inflammation using site-specifictherapywith a topical gingival patch. Samuels N et al J.Clin.Dent. 2012.
16. Running economy and maximal oxygenconsumptionafter 4 weeks of oral Echinaceasupplementation. Whitehead MT et al. J.Strength.Cond.Res. 2012.
17. The anxiolyticpotential and psychotropicsideeffects of an echinaceapreparation in laboratoryanimals and healthyvolunteers. Haller J. et al. Phytother.Res. 2013.
18. A critical evaluation of drug interactions with Echinacea spp. Freeman C, Spelman K. Mol Nutr Food Res. 2008
19. Bone K. Echinacea : When should it be used? The European Journal of Herbal Medicine.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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