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Harpagophytum

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Découvrir l’Harpagophytum et ses bienfaits

Celle que l’on appelle aussi « griffe du diable » est une plante originaire d’Afrique, possédant certaines vertus sur l’organisme, notamment contre les douleurs liées à l’arthrite. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser l’harpagophytum, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante

L’harpagophytumL’harpagophytum est un genre botanique de plantes, qui appartiennent à la famille du sésame, autrement dit, à la famille Pedaliaceae. Ce genre comprend une espèce principale, qui porte le nom d’harpagophyton, ou Harpagophytum procumbens. On l’appelle plus communément « harpagophytum », mais cette plante porte quelques autres noms, tout aussi courants. Elle peut s’appeler « griffe du diable », ou encore « racine de Windhoek ». Les anglophones l’appellent « grapple plant », ou « plante-grappin ». Enfin, elle se nomme aussi « araignée des bois », « wood spider », et « devil’s claw ».

Ainsi, l’harpagophytum est une plante herbacée vivace, qui provient des zones semi-désertiques d’Afrique du Sud. Elle possède une racine principale, qui est lignifiée. Celle-ci présente un certain développement vertical et profond. Les tubercules bulbeux forment donc ses racines secondaires. Ces racines peuvent être de taille imposante, et peser jusqu’à un kilogramme et demi. En phytothérapie, on utilise essentiellement les racines secondaires, ou tubercules de la plante. Ces dernières sont récoltées à l’automne puis séchées, et enfin découpées en rondelles pour être utilisées.

La plante se compose d’harpagoside, le principe actif responsable de ses vertus sur l’organisme. On y trouve aussi des flavonoïdes (acides phénoliques, lutéoline, kaempférol), ainsi que des phénols, dont de l’acide chlorogénique et de l’acide cinnamique. Mais ce n’est pas tout. De nombreux autres éléments comme l’acide caféique et les stérols végétaux entrent aussi dans sa composition. Enfin, cette plante propose plusieurs vitamines, comme de la vitamine A, C et des vitamines du complexe B (B1, B2, B3, B5, B9 et B12). Quant aux sels minéraux et aux oligo-éléments, la plante n’est pas en reste. Elle propose du calcium, du fer, du phosphore, du magnésium, du cuivre, du potassium et de la silice.

Origine et historique

Dans le sud de l’Afrique, les peuples indigènes (les Khoi, les San et les Bantus) utilisent l’harpagophytum depuis des siècles pour soulager un grand nombre de maux, de troubles et de douleurs très divers. En Occident, les toutes premières descriptions de la plante remontent aux années 1820. Or, c’est en 1907 que la science débuta ses recherches sur la plante, au contact des peuples indigènes d’Afrique. Par la suite, en 1950, un chercheur allemand s’est penché plus en détail sur la griffe du diable. Depuis, cette plante s’utilise essentiellement pour ses propriétés apéritives, digestives et calmantes.

Ainsi, l’usage de l’harpagophytum en Afrique est probablement très ancien. Les guérisseurs des peuples locaux connaissent les propriétés anti-inflammatoires des racines secondaires de la plante depuis longtemps. Depuis les années 1970, l’essor de la phytothérapie s’est en partie appuyé sur l’efficacité et le succès de la griffe du diable pour se développer. La plante serait dotée d’un grand nombre de propriétés.

Le nom « griffe du diable » provient du fait que le fruit de la plante est muni de griffes, qui s’agrippent très facilement aux pattes des animaux, mais aussi à la peau des humains qui s’y frottent. Les griffes ont alors tendance à se fixer dans la partie molle des sabots des animaux, facilitant alors la propagation de maladies. Le terme « harpagophytum » signifie tout simplement « harpon végétal ». Aujourd’hui, la plante appartient à la pharmacopée européenne. Certains organismes de santé ont reconnu les propriétés de la plante. Mais qu’en dit la recherche scientifique à ce sujet ?

Recherches et bienfaits

bienfaits de L’harpagophytumSoulager les douleurs arthritiques

Les chercheurs ont appris à connaître les bienfaits de l’harpagophytum auprès des peuples africains. Or, depuis sa découverte, la plante a fait l’objet d’un très grand nombre d’études scientifiques, et principalement en Europe. Leur objectif était de vérifier l’efficacité de la griffe du diable dans le traitement des douleurs arthritiques. Si toutes les études ne présentent pas des méthodologies de qualité, certaines s’appuient sur un protocole adéquat et suffisant (1). Au cours de ces essais, la plupart des patients ont donc indiqué que la plante s’était montrée particulièrement efficace pour diminuer les douleurs liées à l’arthrose (2). Dans l’un des essais réalisés sur cette plante, la griffe du diable a permis de soulager la douleur de manière aussi efficace qu’un médicament anti-arthritique en vente sur le sol européen (3). Elle semble donc agir sur les douleurs et les inflammations.

Par ailleurs, au cours d’un essai clinique réalisé auprès de personnes atteintes de douleurs rhumatismales et arthritiques, l’extrait d’harpagophytum s’est avéré efficace pour réduire la raideur et la douleur des patients, mais aussi pour améliorer leur mobilité (4). Enfin, des recherches in vitro ont aussi été menées, tout comme des études sur les animaux. Leurs résultats montrent que la griffe du diable dispose, au même titre que le curcuma, d’un effet anti-inflammatoire qui n’est pas le même que celui des médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou AINS. Cette plante semble aussi posséder un effet analgésique. Or, son mode d’action reste encore à identifier (5). La recherche se poursuit.

Une solution contre les douleurs lombaires

Les douleurs arthritiques ne sont pas les seules sur lesquelles les composés de l’harpagophytum semblent faire effet. Les résultats d’un grand nombre d’essais cliniques démontrent également que cette plante peut aider à réduire les maux de dos (6-7). Au cours de ces essais, la griffe du diable s’est avérée au moins aussi efficace qu’un médicament courant utilisé contre la douleur : le rofécoxib. Il s’agit d’un anti-inflammatoire aujourd’hui absent du marché, en raison de ses nombreux effets indésirables.

Par ailleurs, les auteurs de revues ont conclu que l’harpagophytum, sous la forme d’un extrait aqueux (ou extrait fluide) permettait de soulager les douleurs lombaires aiguës (8-9). Ainsi, l’harpagophytum est souvent utilisé dans le cadre du traitement des douleurs dorsales. Les peuples africains connaissaient ces vertus de la plante, et l’utilisaient en partie pour cela.

Traiter le manque d’appétit et la dyspepsie

En phytothérapie et en herboristerie, il est considéré que les principes amers ont la capacité de stimuler les papilles gustatives. Ces dernières envoient alors un signal à l’estomac que celui-ci doit lancer la production de sucs gastriques et se préparer au processus de digestion. Il s’agit là du mode d’action habituel des éléments apéritifs. Il s’avère que l’harpagophytum figure parmi les aliments dotés des plus hauts indices d’amertume. La plante permet donc de stimuler l’appétit, ainsi que la digestion.

Ainsi, l’ESCORP considère aussi que les essais cliniques menés sur la plante ont permis de démontrer que la griffe du diable, notamment prise en décoction, avait la capacité d’atténuer l’intensité des malaises intestinaux. Mais aussi qu’elle pouvait éliminer les flatulences liées à la dyspepsie ou à l’aérophagie, et soulager la constipation. Enfin, l’organisme reconnaît également la capacité de l’harpagophytum à stimuler l’appétit (10) !

Les autres recherches

En Afrique, les usages de l’harpagophytum sont vraiment très nombreux. En effet, les guérisseurs l’utilisaient contre un grand nombre de maux. La griffe du diable est utilisée pour ses propriétés anti-inflammatoires, mais aussi pour d’autres raisons. En effet, les racines servent notamment à traiter les troubles de la digestion (constipation), les maladies du sang, les douleurs diverses… Mais la plante sert aussi à favoriser la cicatrisation de la peau (11).

D’autre part, la plante africaine appartient à la pharmacopée européenne. Elle comprend une indication sur son utilisation traditionnelle, concernant le traitement symptomatique des douleurs articulaires mineures (12). De plus, le British Herbal Pharmacopoeia reconnaît des propriétés analgésiques à la griffe du diable, ainsi que des vertus sédatives et diurétiques (13-14). Certains auteurs recommandent cette plante dans le traitement de maladies des reins, du foie, de la vessie et de la vésicule biliaire. Selon eux, elle permettrait aussi d’augmenter le bon cholestérol et les acides gras dans le sang, tout en limitant les brûlures d’estomac, les troubles gastro-intestinaux et la goutte.

Il faut savoir que la griffe du diable a déjà été recommandée contre les maux de tête, les problèmes menstruels, le durcissement des artères et le diabète. En traitement externe, il est courant d’utiliser l’harpagophytum pour soigner les articulations, mais également les ulcères, les plaies, les furoncles et la plupart des lésions de la peau.

Consommation, indications et posologie

bienfaits de L’harpagophytumEn ce qui concerne les douleurs aux articulations, aux tendons et aux muscles que l’on peut attribuer à l’arthrose, il existe deux modes de prises de l’harpagopthytum. On peut consommer la plante en extrait normalisé, au cours des repas. Il faut dans ce cas en prendre entre 600 et 1 200 milligrammes par jour. Dans ce même cadre, l’harpagopthytum se consomme sous la forme de capsules ou de comprimés, et donc de complément alimentaire. On prend alors entre trois à six grammes de produit, au cours des repas. Des posologies sont précisées sur les produits : veillez à toujours les respecter. Dans le cadre de l’arthrose, il est conseillé de suivre un traitement à base d’harpagopthytum pendant deux à trois mois pour profiter pleinement des effets de la plante.

Dans le cadre de la stimulation de la digestion et de l’appétit, l’harpagopthytum peut se prendre en comprimés ou capsules, avant les repas. La posologie est la suivante : trois prises quotidiennes de 500 milligrammes. De plus, on peut aussi prendre de la teinture d’harpagopthytum. Cet extrait liquide se trouve souvent dans les boutiques de produits naturels. Dans ce cas, il faut consommer un millilitre trois fois par jour, et donc avant chaque repas. Les comprimés et les gélules issus de cette plantes pourraient être moins efficaces que les extraits liquides pour stimuler la digestion. En effet, on estime que la stimulation se produit en grande partie au niveau des papilles gustatives, et les comprimés et les gélules sont avalés dans entrer en contact avec celles-ci.

Enfin, les racines séchées en vrac peuvent aussi se consommer. Elles sont rares dans le commerce, mais il est toujours possible d’en trouver (notamment dans les boutiques d’aliments naturels). Dans ce cas, il faut faire infuser 1,5 gramme de racine séchée dans 300 millilitres d’eau bouillante. Laissez macérer cette préparation durant huit heures avant de la filtrer. On en boit ensuite 100 millilitres avant chaque repas. Mais attention : cette boisson est vraiment très amère et pourrait ne pas vous plaire !

Association avec d’autres plantes et interactions

On ne connaît pas d’associations spécifiques de l’harpagopthytum avec d’autres plantes et aliments. En revanche, il semblerait que la warfarine interagisse avec la plante. Dès lors, on peut remarquer l’apparition de plaques rouges sur la peau, ainsi qu’une augmentation de l’effet anticoagulant du médicament. Il faut donc éviter l’usage simultané de ces deux éléments, ou les utiliser avec précaution. La plante n’est pas compatible avec les traitements anti-coagulants : sollicitez un avis médical si vous suivez ce type de traitement.

Contre indications

À l’heure actuelle, les données disponibles au sujet de la griffe du diable ne permettent pas de conclure à son innocuité. De ce fait, la consommation de cette plante est déconseillée en cas de grossesse et d’allaitement. De plus, l’innocuité de l’usage chronique de l’harpagophytum n’est pas connue, même si la plante constitue un traitement sécuritaire sur un court terme (moins d’un an) (15-16). De ce fait, l’usage de l’harpagopthytum est contre-indiqué dans plusieurs situations. C’est le cas en présence de calculs biliaires. La plante est alors à utiliser avec précaution. Cependant, il faut l’éviter en cas d’ulcère du duodénum, ou d’ulcère gastrique.

Au cours des essais cliniques, aucun effet indésirable grave n’a été décelé. En revanche, quelques cas de diarrhée ont été rapportés. De plus, des auteurs ont aussi évoqué des problèmes d’estomac suite à la consommation d’harpagophytum. De ce fait, ils sont à proscrire pour les personnes atteintes de gastrite, d’ulcères ou d’excès d’acide gastrique. Cependant, certains auteurs considèrent qu’il n’y a pas d’effet adverse sur l’estomac, en raison de l’action anti-inflammatoire de la plante. La prudence est tout de même de mise. D’autre part, les patients qui utilisent des médicaments anticoagulants doivent solliciter l’avis de leur médecin. Il en est de même pour celles qui rencontrent des problèmes biliaires, du diabète, de l’insuffisance rénale, des maladies cardiovasculaires et de l’hypertension (17).

Conseils : où et comment acheter la plante

La majeure partie des mille tonnes de racines d’harpagophytum vendues dans le monde chaque année provient de plantes sauvages. De ce fait, certains pays producteurs d’Afrique comme l’Afrique du Sud, la Namibie ou le Botswana ont mis en place des cadres pour la récolte, de manière à préserver la plante et ne pas menacer sa survie à long terme. Il faut savoir que la griffe du diable n’est pas facile à cultiver. Il est donc important d’acheter des produits qui proviennent d’une culture durable et responsable, dans les pays producteurs d’Afrique.

Ainsi cueillie à l’état sauvage, la griffe du diable permet la survie des cueilleurs, qui n’ont pas d’autres sources de revenus. Elle se récolte de manière naturelle et traditionnelle, au sein des régions d’où elle est originaire. Fiez-vous à la provenance des griffes du diable que vous achetez, de manière à vous assurer une consommation responsable et de qualité. Vous trouverez des produits à base d’harpagophytum dans les herboristeries, dans les parapharmacies et dans les magasins bio. On peut aussi en commander en ligne, auprès de sites Internet spécialisés. Dans ce cas, assurez-vous de choisir un vendeur de confiance et un produit de haute qualité.

Notes et références

1. Devil’s Claw (Harpagophytum procumbens) as a treatment for osteoarthritis: a review of efficacy and safety. Brien S, Lewith GT, McGregor G. J AlternComplement Med. Dec 2006; 12(10):981-93. Review.
2. Arthritis Research Campaign. Complementary and alternative medicines for the treatment of rheumatoid arthritis, osteoarthritis and fibromyalgia; Devil’s claw, page 33, 2008. 
3. Efficacy and tolerance of Harpagophytum procumbens versus diacerhein in treatment of osteoarthritis. Chantre P, Cappelaere A, et al. Phytomedicine. 2000.
4. Effectiveness and safety of Devil’s Claw tablets in patients with general rheumatic disorders. Warnock M., McBean D, et al. Phytother Res. 2007.
5. A review of the biological and potential therapeutic actions of Harpagophytum procumbens. Grant L, McBean DE, et al. Phytother Res. 2007.
6. A randomized double-blind pilot study comparing Doloteffin and Vioxx in the treatment of low back pain. Chrubasik S., Model A, et al. Rheumatology (Oxford)2003.
7. Comparison of outcome measures during treatment with the proprietary Harpagophytum extract doloteffin in patients with pain in the lower back, knee or hip. Chrubasik S., Thanner J., et al. Phytomedicine2002.
8. Herbal medicine for low back pain: a Cochrane review. Gagnier JJ, van Tulder MW, et al. Spine. Jan 1, 2007; 32(1):82–92. Review. Erratum in: Spine. 2007.
9. Harpgophytum procumbens for osteoarthritis and low back pain: a systematic review. Gagnier JJ, Chrubasik S, Manheimer E. BMC Complement Altern Med. 2004.
10. European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Harpagophyti radix, ESCOP Monographs on the Medicinal Uses of Plants Drugs, Centre for Complementary Health Studies, Université d’Exeter, Grande-Bretagne, 1996.
11. Article ‘Harpagophytum procumbens [archive]’; Encyclopédie des plantes, sur le A. Vogel.
12. Revue Prescrire ; Bien utiliser les plantes en situation de soins, 286, août 2007.
13. An Analytical Study and Anti-Inflammatory and Analgaesic Effects of Harpagophytum procumbens and Harpagophytum zeyheri, Baghdikian B., Lanhers MC, Fleurentin J, Ollivier E., Maillard C., Balansard G. & Mortier, F., Planta Medica, 1997.
14. Devil claw extract as an example of the effectiveness of herbal analgaesics, Chrubasik S Orthopade. 2004.
15. A 1-year follow-up after a pilot study with Doloteffin for low back pain. Chrubasik S, Künzel O, et al. Phytomedicine. 2005.
16. Systematic review on the safety of Harpagophytum preparations for osteoarthritic and low back pain. Vlachojannis J, Roufogalis BD, Chrubasik S. Phytother Res. 2008.
17. Essentials of Pain Management; Vadivelu N., Urman R.D., Hines RL, Springer Science + Business Media, 2011.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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