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Découvrir le Safran et ses bienfaits

Connu comme étant une épice onéreuse, le safran se caractérise par un goût amer et une odeur très forte. Riche en nutriments et en principes actifs, il posséderait aussi de nombreuses vertus thérapeutiques. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser le safran, et quelles sont ses contre-indications ? Les réponses.

Définition et composition de la plante

bienfaits du safranLe safran porte le nom scientifique de « Crocus sativus » et appartient à la famille botanique des Iridaceae. Il s’agit donc d’une petite plante vivace à bulbe, qui mesure généralement entre dix et trente centimètres de hauteur. Elle nous vient tout droit d’Orient, même si elle se cultive à travers toute l’Europe. Le safran est une plante hybride, que l’on ne connaît donc pas à l’état sauvage. En cuisine, le safran appartient à la famille des épices. Plus précisément, ce sont les stigmates rouges (extrémités des carpelles de la plante de safran) que l’on utilise comme épices après les avoir prélevés et récoltés. Leur longueur varie le plus souvent entre 2,5 et 3,5 centimètres.

Cette plante vivace possède des fleurs violacées ou blanches, qui sont souvent veinées de rouge. Elles se manifestent au tout début de l’automne par groupe de trois ou en solitaire. Les plantes de safran possèdent ce que l’on appelle des stigmates, qui sont crénelés, longs et filamenteux de couleur rouge foncé. Ce sont eux qui donnent à la plante son odeur et son goût si prononcé. On estime qu’il faut l’équivalent de 170 000 stigmates pour produire un seul kilogramme de safran : ce qui explique le coût particulièrement élevé de cette épice orientale. 

Le safran contient différents éléments au sein de sa composition hors du commun. Au total, ils seraient plus de cent cinquante ! Parmi eux se trouvent trois composés d’intérêt : le safranal (odeur), la picrocrocine (goût) et l’a-crocine (couleur). On y trouve aussi des vitamines B1, B2, B6, B9 ainsi que des sels minéraux : manganèse, magnésium, fer… D’autre part, le safran possède des lipides, des protéines et des glucides. Quelques composés actifs s’y retrouvent aussi, comme les polysaccharides, les anthocyanosides, les caroténoïdes et l’hétéroside amer. 

Origine et historique

Le nom de la plante « safran » provient d’un dérivé de la langue arabe : sahafaran. Quant au nom « Crocus sativus », il provient de Krokos, qui signifie « safran ». La culture du safran remonterait à plusieurs milliers d’années. On en a retrouvé des bribes sur les fresques d’un palais grec : celui de Cnossos, situé en Crète, datant de l’an 1 700 av. J.-C. Il est également cité au sein d’un livre d’Avicenne : le « Canon de la Médecine » (1). 

Le safran est une plante également très appréciée en Asie, et notamment en Chine, où il porte le nom de Fan Hong Hoa (et quelques autres noms). Il fut ramené en Espagne par les peuples arabes au cours du Xe siècle. Et c’est au cours du XIIe siècle qu’il fut importé en France par les Croisés. Le safran était généralement répandu sur les lits des invités des festins romains, en raison de ses supposées propriétés aphrodisiaques. De plus, l’empereur Néron faisait répandre du safran sur son chemin avant son passage, puisque la plante était réputée pour déclencher la bonne humeur. 

D’une manière générale, on considère que le safran est originaire du bassin méditerranéen et d’Europe. Il est depuis longtemps cultivé en Grèce, en Espagne, en Iran et en Inde. Particulièrement répandu dans les médecines traditionnelles, le safran s’est vu prêter de nombreuses vertus médicinales et thérapeutiques au fil du temps. Naturellement, la science s’est penchée sur ces supposées propriétés. À travers le monde, le safran est utilisé comme épice, parfum et médicament. Il est l’une des épices les plus coûteuses au monde et passionne la communauté scientifique depuis plusieurs décennies. Alors, quels sont les véritables effets du safran sur la santé ? 

Recherches et bienfaits

bienfaits du safran

Un analgésique naturel 

Le safran est une plante que l’on considère comme étant analgésique en raison de la présence de safranal au sein de sa composition. Cette plante vivace dispose de propriétés anti-inflammatoires et antalgiques, qui permettent de lutter contre les douleurs liées aux inflammations, notamment (2). Le safran agit tel un antidouleur naturel. De plus, en tant qu’emménagogue, le safran est souvent recommandé dans le cadre du traitement des douleurs menstruelles. Et ce, dans différentes médecines traditionnelles.

Le safran contre la dépression 

Traiter la dépression est l’un des principaux usages du safran depuis que l’humain en a débuté sa culture il a plusieurs siècles de cela. Le safran s’avère être particulièrement efficace lors des épisodes de dépression chronique (3). Il aide à combattre la fatigue et le surmenage, et agit tel un véritable tonique de l’organisme. Le safranal, que l’on retrouve dans les parties volatiles de la plante, agit sur le système nerveux. Ainsi, le safran permet de traiter les insomnies (en raison d’un léger effet sédatif), tout en aidant le corps à mieux réagir face au stress, à l’anxiété et à la fragilité émotionnelle. Le safran est un élément anxiolytique puissant, utilisé depuis des milliers d’années dans le cadre des médecines traditionnelles européennes et asiatiques (4).

Un neuro-protecteur puissant 

Le safran intervient sur différentes fonctions de l’organisme, et notamment sur notre système nerveux. En plus de lutter contre le stress, il agit comme un neuro-protecteur naturel et très puissant (5). Cette propriété est en grande partie due à la présence d’antioxydants naturels au sein de sa composition. La plante protège les neurones et réduit le risque de développer une maladie dégénérative à l’image de Parkinson. De plus, le safranal réduit l’incidence du stress oxydatif sur les fonctions cognitives. Mais ce n’est pas tout. Le safran permet aussi d’améliorer notre capacité d’apprentissage (6) et protège notre cerveau des troubles de la mémoire provoqués par le stress chronique (7). Enfin, le safran s’avère très efficace en tant qu’antispasmodique dans le cadre d’un sevrage morphinique, hypnotique ou anxiolytique, par exemple. 

Safran et cancer 

Le safran est très souvent présenté comme l’or rouge, supposé être particulièrement efficace contre le cancer. Il est vrai que cette plante peut être utilisée dans le cadre d’une chimioprévention du cancer (8). Ses propriétés antioxydantes permettent également de lutter contre les effets néfastes des radicaux libres, qui sont parfois à l’origine de maladies telles que le cancer. À fortes doses, les caroténoïdes présents dans le safran ont la capacité de bloquer la croissance des cellules cancéreuses et tumorales (9). On dit alors du safran qu’il possède une activité anticancéreuse à l’encontre de différents types de cancers : ovaire, côlon, tissus, poumon, leucémie, etc. 

Améliore le confort digestif 

Le safran est une plante que l’on consomme sous forme d’épice dans un grand nombre de recettes de cuisine. Dans ce cas, on ne recherche pas seulement ses arômes. Ses vertus sur la digestion sont aussi très appréciées. En effet, le safran est un véritable digestif capable de stimuler le foie et d’améliorer le processus digestif. On peut aussi l’utiliser pour augmenter la sensation de satiété à la fin des repas et ainsi, réduire le grignotage en cours de journée (10). 

Les vertus aphrodisiaques du safran 

Dans différentes médecines traditionnelles et à travers le monde, le safran est souvent présenté comme un aphrodisiaque naturel et très puissant. On le conseille donc aux hommes et aux femmes qui manquent de libido, mais aussi qui rencontrent des problèmes d’ordre sexuels. En effet, le safran serait capable d’améliorer les troubles sexuels ressentis par les personnes qui suivent des traitements à base d’antidépresseurs (11). D’autre part, il se pourrait que le safran améliore la fonction érectile ainsi que la qualité du sperme, mais les données cliniques à ce sujet restent encore contradictoires. 

Les autres recherches 

Le safran est une plante qui intéresse énormément la communauté scientifique. Il a donc fait l’objet d’un grand nombre d’études scientifiques à travers le monde. Parmi elles, certaines portent sur les effets protecteurs du safran sur la santé cardiaque ainsi que sur ses effets hypotenseurs. En effet, le safran permet de réduire la pression artérielle (12). De ce fait, il a longtemps été recommandé aux personnes qui souffrent d’hypertension. De plus, le safran est aussi hypocholestérolémiant, ce qui signifie qu’il aide à lutter contre l’excès de cholestérol dans l’organisme. 

Les indications thérapeutiques courantes du safran sont la fatigue, le surmenage, l’asthénie, la dépression légère, le stress, l’anxiété, la fragilité émotionnelle, les douleurs menstruelles et dentaires, l’excès de cholestérol, la prévention cognitive, la prévention des AVC, la récupération physique… Ses usages sont très larges et le safran fait aujourd’hui encore l’objet d’études scientifiques. 

Consommation, indications et posologie

bienfaits du safran

Le safran se trouve généralement sous la forme d’épice (en poudre ou en filaments de stigmates séchés). Mais il est également possible d’utiliser le safran en tant que teinture mère et en extraits naturels. Les dosages journaliers sont à respecter. Ils sont de 200 mg lorsque le safran est consommé sous la forme de poudre et de 30 mg à 60 mg sous la forme d’extrait hydroalcoolique de pétales ou de stigmates. 

Le safran appartient à la pharmacopée française et se délivre souvent en homéopathie. Il est important de préciser qu’il peut être toxique à fortes doses. C’est pourquoi il est préférable de ne pas dépasser les quantités journalières de référence. Si vous achetez un produit à base de safran, reportez-vous aux indications présentes sur l’emballage de celui-ci et respectez-les. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un spécialiste ou votre médecin. Vous pourrez ainsi obtenir une posologie personnalisée. 

Sachez par ailleurs que le safran s’utilise en cuisine, puisqu’il est une épice mondialement réputée. Il suffit de le moudre si celui-ci se présente en filaments et de l’ajouter à mi-cuisson, de manière à lui laisser le temps de développer ses arômes. Le safran donne généralement une coloration jaunâtre aux plats : il s’utilise donc dans certaines spécialités méditerranéennes comme la paëlla. Il peut aussi s’associer à d’autres épices. 

 

Association avec d’autres plantes et interactions

Il existe peu d’associations impliquant le safran et ses extraits. Or, les herboristes sont nombreux à recommander le safran en association avec la rhodiola rosea, qui est une plante adaptogène majeure. Il arrive aussi qu’il soit associé avec la griffonia simplicifolia, pour ses propriétés antidépressives et antistress, mais également pour lutter contre les insomnies, les fatigues nerveuses et les épisodes de dépression chronique. D’une manière générale, les effets du safran peuvent s’ajouter aux effets de plantes dotées de propriétés similaires sur l’anxiété, le stress, la dépression, la protection cardiaque, etc. 

Contre indications

Le safran, et plus précisément la crocine qu’il renferme, semble être sans danger aux dosages usuels. Cependant, il faut savoir que le safran peut devenir un narcotique à dose élevée, et même être considéré comme une drogue (13). À forte dose, il s’avère aussi toxique : il faut donc toujours veiller à respecter les doses journalières recommandées. C’est une plante qui est à éviter chez la femme enceinte : sa consommation est susceptible de provoquer l’avortement (14-15).

De la même manière, les femmes allaitantes et les jeunes enfants se voient souvent déconseiller la consommation de safran. Dans une tout autre mesure, le safran peut être à l’origine de l’inhibition de l’agrégation plaquettaire (16). Il est donc à éviter en cas de problème de santé ou de maladie liée à ce symptôme. 

Il est possible d’observer quelques rares effets secondaires à la suite de la consommation de safran. Le plus souvent, il s’agit d’une augmentation des quantités d’urine et de selles. D’une manière générale, le safran est une plante sécuritaire si on en a une consommation raisonnable et en cas d’absence de contre-indication.

Conseils : où et comment acheter la plante

Dans l’idéal, privilégiez le safran sous la forme de filaments, plutôt que moulu. Cela vous permet de vous assurer de profiter des principes actifs de la plante lors de sa consommation. Un safran de qualité possède une odeur qui rappelle celle du foin. Quant à sa couleur, elle doit être d’un puissant rouge vif. Il arrive de trouver du safran jaune en poudre : il s’agit généralement de safran que l’on a mélangé à d’autres épices. Ses vertus seront alors considérablement moins importantes. 

On peut trouver du safran dans la plupart des commerces, ainsi que dans les boutiques spécialisées, les étals de marché et les magasins bio. N’hésitez pas à goûter le safran proposé dans les souks et les marchés des régions méditerranéennes ! Vous trouverez aussi un grand nombre de produits issus ou dérivés du safran sur Internet. Dans ce cas, assurez-vous qu’il s’agit de safran de qualité, originaire d’Europe, et riche en composés actifs. N’achetez qu’auprès de sites Internet de confiance. 

Privilégiez toujours des aliments, plantes et épices issus d’une agriculture durable et respectueuse de l’environnement (biologique). Ainsi, un safran bio sera dénué de résidus de produits chimiques ou de pesticides. Ses principes actifs seront aussi certainement plus concentrés et puissants ! Enfin, conservez votre safran dans un étui (celui d’origine, si possible), à l’abri de l’humidité et de la lumière. Cet étui doit être hermétique de manière à préserver la saveur du produit. 

Notes & références

1. Hosseinzadeh H., Nassiri-Asl M. Avicenna’s (Ibn Sina) the Canon of Medicine and Saffron (Crocus sativus): A Review. Phytother Res. 2013.
2. Antinociceptive and anti-inflammatory effects of Crocus sativus L. stigma and petal extracts in mice. Hossein Hosseinzadeh, Hani M Younesi. BMC Pharmacology 2002.
3. Study of antidepressant effect of aqueous and ethanolic extract of Crocus sativus in mice. Irn. J. BasicMed.Sci. Karimi G, Hosseinzadeh H, Khaleghpanah P, 2001.
4. Evaluation of the antidepressant-like effects of acute and subacute administration of crocin and crocetin in mice. Amin B., Nakhsaz A., Hosseinzadeh H. Avicenna Journal of Phytomedicine. 2015.
5. The effects of Crocus sativus (saffron) and its constituents on nervous system: A review. Mohammad Reza Khazdair, Mohammad Hossein Boskabady, Mahmoud Hosseini, Ramin Rezaee, Aristidis M. Tsatsakis. Avicenna J Phytomed. 2015.
6. Sadeghnia. Safranal, a constituent of Crocus sativus (saffron), attenuated cerebral ischaemia induced oxidative damage in rat hippocampus. Hossein Hosseinzadeh, Hamid R. J Pharm Pharmaceut Sci, 2005.
7. Protective effects of saffron extract and its active constituent crocin against oxidative stress and spatial learning and memory deficits induced by chronic stress in rats. Ghadrdoost B, Vafaei AA, Rashidy-Pour A, Hajisoltani R, Bandegi AR, Motamedi F, Haghighi S, Sameni HR, Pahlvan S. Eur J Pharmacol. 2011.
8. Cancer chemopreventive and tumoricidal properties of saffron (Crocus sativus L.). Abdullaev FI. Exp Biol Med (Maywood). 2002.
9. Inhibition of growth and induction of differentiation of promyelocytic leukaemia (HL-60) by carotenoids from Crocus sativus L. Tarantilis PA, Hamid Morjani, Polissiou M., Manfait M. Anticancer research, 1994.
10. Satiereal, a Crocus sativus L extract, reduces snacking and increases satiety in a randomized placebo-controlled study of mildly overweight, healthy women. Gout B, Bourges C, Paineau-Dubreuil S. Nutr Res. 2010.
11. Effect of saffron on fluoxetine-induced sexual impairment in men: randomized double-blind placebo-controlled trial. Modabbernia A, Sohrabi H, Nasehi AA, Raisi F, Saroukhani S, Jamshidi A, Tabrizi M, Ashrafi M, Akhondzadeh S. Psychopharmacology (Berl). 2012. Voir l’extrait.
12. Hypotensive effect of aqueous saffron extract (Crocus sativus L.) and its constituents, safranal and crocin, in normotensive and hypertensive rats. Imenshahidi M, Hosseinzadeh H, Javadpour Y. Phytother Res. 2010.
13. Saffron chemicals and medicine usage. Jour Med Plants Res, 4 (6), 427-30. Texte intégral. Moghaddasi M. S. 2010.
14. Tafazoli M, Kermani T, & Saadatjoo, A R (2004). Effects of saffron on abortion and its side effect on mice balb/c. Ofogh-e-Danesh Journal.
15. The survey of contact impacts with saffron in abortion prevalence. The Horizon of Medical Sciences. Salari H, Reihani T. & Zare, Z. (2004).
16. Characterization of the platelet aggregation inducer and inhibitor isolated from Crocus sativus. Liakopoulou-Kyriakides M, Skubas AI. Biochem Int. 1990.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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