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Découvrir le Tribulus et ses bienfaits

Le tribulus est réputé dans le monde entier pour ses effets sur la libido et sur l’infertilité. La plante pourrait avoir de nombreux autres bienfaits sur l’organisme. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser le tribulus, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante

bienfaits du tribulusLe tribulus est un genre de plante regroupant plusieurs variées dont le tribule terrestre, ou tribulus terrestris. Celle que l’on appelle aussi la Croix-de-Malte appartient à la famille des Zygophyllacées. Elle en est une représentante en Europe, et l’une des rares plantes issues de cette famille à être présente sur le continent. Il s’agit d’une plante herbacée annuelle velue, qui mesure généralement entre dix et cinquante centimètres de hauteur. Ses tiges sont couchées et étalées. Les feuilles du tribulus sont opposées et dissymétriques. Elles se composent d’une quinzaine de folioles et portent une fleur solitaire. Les fleurs se forment avec cinq pétales jaunes libres. Quant aux fruits, ils sont protégés par des piques très pointus.

Le tribulus pousse à l’état sauvage en Chine, en Corée, au Japon ainsi que dans l’ouest de l’Asie et en Amérique du Nord. On le retrouve également en Afrique, dans le sud de l’Europe et en France, sur la Côte d’Azur et en Corse. Le tribule est présent dans certains pays d’Amérique du Sud et notamment dans les déserts. Il apprécie les lieux incultes et sableux. La plante a d’ailleurs tendance à se multiplier dans les zones désertiques de la planète. On utilise le plus souvent le fruit de la plante, ainsi que des extraits de sa racine et de ses graines en médecine traditionnelle.

Le tribule contient des flavonoïdes, qui préservent notre système cardiovasculaire. La plante se compose de plusieurs composés actifs, dont des alcaloïdes (tribulustérine), qui sont des dérivés de l’harmine. On y trouve des phytostérols, des stéroïdes et des amines. Enfin, la plante contient aussi de la saponine stéroïdienne et de la protodioscine (saponosides), qui est l’une des substances les plus actives de la plante. Les fruits du tribulus contiennent aussi de la vitamine C.

Origine et historique

En Inde, il y a environ 2 700 ans, un praticien ayurvédique du nom de Charaka avait écrit un traité en se basant sur des textes médicaux anciens. Il y décrivit une plante possédant des propriétés aphrodisiaques, diurétiques, toniques, fortifiantes et rajeunissantes, qui portaient le nom de « gokshura » (Tribulus terrestris). Plus tard, en Chine, la plante est nommée « l’herbe qui éteint le vent et arrête les tremblements ». Dans ce pays, le « vent » désigne les maladies cardiovasculaires. Depuis, le tribulus figure parmi les plantes médicinales les plus utilisées d’Inde et d’Asie et intègre de nombreux remèdes traditionnels locaux.

Cela fait des milliers d’années que les fruits du tribulus sont employés en médecine ayurvédique (médecine indienne) et en médecine traditionnelle asiatique (Corée, Japon, Chine, etc.), notamment dans le cadre du traitement des dysfonctions sexuelles et de l’infertilité. En Chine, les médecins traditionnels prêtent à cette plante de nombreuses autres vertus. Elle y est par exemple mélangée à d’autres plantes afin de traiter l’hypertension, les troubles du système urinaire et les maladies coronariennes. En Europe, le tribulus a très longtemps servi à lutter contre l’insuffisance hormonale et contre divers problèmes, comme le manque de libido.

En 1847, un scientifique parvient à isoler une molécule chimique qu’il appela « harmine ». Elle est l’un des composés actifs du tribulus et s’utilise comme aphrodisiaque et stimulant naturel. Aujourd’hui, le tribulus fait l’objet de nombreuses études scientifiques, notamment en raison de ses utilisations variées dans le monde entier. L’harmine, l’un de ses principes actifs, est aussi au centre de l’attention. Mais la plante contient bien d’autres molécules actives et composants, qui lui apportent des propriétés uniques sur l’organisme : flavonoïdes, saponosides…

Recherches et bienfaits

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Partenaire de la libido

La présence de protodioscine dans le tribulus permettrait d’élever le taux de testostérone. Cette saponine stéroïdique agit sur le cerveau, en amplifiant la sécrétion d’hormone lutéinissante. En parvenant jusqu’aux testicules par le sang, cette hormone permet de stimuler la production de testostérone. Pour l’heure, les études réalisées pas apportées de résultats probants sur l’humain. Mais les résultats des études préliminaires sur les animaux se montrent prometteurs.

Cela fait très longtemps que le tribulus se consomme en Asie pour remédier aux dysfonctions sexuelles chez l’homme et chez la femme. Les propriétés aphrodisiaques ont à plusieurs reprises été testées au cours d’études cliniques. En premier lieu, il a été observé que le tribulus permettait d’augmenter le taux d’hormones sexuelles chez les rats (1). Les autres allégations selon lesquelles le tribule permet d’augmenter les performances sexuelles sont en majeure partie alimentées par des études démontrant que les extraits de la plante disposent d’effets positifs sur le comportement sexuel des animaux. Et ce tout en augmentant leur taux d’hormones sexuelles (2-5). Ainsi, les chercheurs pensent possible que la plante interviennent les problèmes de désir sexuel, mais ils manquent encore de données pour le confirmer.

Lutter contre l’infertilité

Des équipes composées de chercheurs bulgares ont-elles aussi cherché à déterminer les effets du tribulus sur la libido et sur l’infertilité. Le tribulus, pris pendant soixante jours d’affilée, a permis d’augmenter la mobilité des spermatozoïdes chez les hommes qui ont tendance à en produire trop peu. Pour certains, il a été observé une augmentation de l’hormone lutéinisante (LH), qui désigne une augmentation des taux de testostérones, et une diminution des œstrogènes dans l’organisme (6).

De plus, les hommes souffrant d’hypotrophie testiculaire ont également vu augmenter leur volume de sperme. Ils présentaient par ailleurs une plus haute concentration en spermatozoïdes et un accroissement des taux de testostérone. Cet effet est généralement associé à une réduction du cholestérol dans l’organisme. En effet, le cholestérol est un précurseur de la testostérone, ce qui signifie qu’il intervient dans le cadre de sa production (7).

Amélioration des performances sportives

Un grand nombre de fabricants de produits de musculations mettent en avant les supposés effets du tribulus sur l’amélioration des performances sportives. Aujourd’hui, aucune étude scientifique suffisamment fiable n’a permis de mettre en avant ces bienfaits sur l’organisme. Ils sont simplement supposés par les chercheurs, en raison de la nature des composants du tribulus. Une étude sérieuse, menée en Australie, n’a pas permis de faire la différence entre les sujets qui consommaient quotidiennement du tribulus, et ceux qui prenaient un placebo (8). Ainsi, les chercheurs n’ont pas pu confirmer que le tribulus permettait de faire gagner de la force musculaire ou de perdre du poids (notamment de la masse grasse). Une autre étude menée aux États-Unis n’a pas non plus montré de différence entre les groupes de sujets : ceux qui consommaient du tribulus, et les patients qui prenaient un placebo (9).

Autres recherches

Le tribulus est souvent classé parmi les plantes adaptogènes. Son fruit et sa racine sont utilisés en médecine ayurvédique et chinoise depuis des millénaires (10). Traditionnellement, la plante s’utilise pour une multitude d’effets potentiels, dont l’amélioration de la libido, le maintien de la santé des voies urinaires ou la réduction des œdèmes. Aujourd’hui, il s’utilise en tant que complément de la santé générale, et notamment pour traiter les problèmes de dysfonction sexuelle (11).

Les résultats obtenus in vitro suggèrent que la plante et certains de ses composants agissent dans le traitement des maladies cardiovasculaires, ainsi que leur prévention (12-14). Il s’agit notamment des flavonoïdes, qui sont des composés antioxydants agissant sur les radicaux libres et leurs effets néfastes sur la santé. Ces mêmes composés seraient efficaces sur l’hypertension (15). Les données cliniques demeurent cependant assez limitées.

Or, d’autres études démontrent l’efficacité du tribulus sur les maladies coronariennes. En effet, les résultats montrent que la plante est plus efficace que les médicaments couramment utilisés pour les traiter (16). Par ailleurs, une récente étude expérimentale tend à conformer l’efficacité de l’usage du tribulus contre les calculs rénaux. Depuis toujours, les médecins ayurvédiques utilisent cette plante pour bloquer la formation des calculs. Il s’avère que les chercheurs sont parvenus à inhiber la formation de cristaux d’oxalates en utilisant des extraits de la plante (17). Ces cristaux entrent dans la composition de certains types de calculs.

Consommation, indications et posologie

tribulusEn règle générale, le tribulus s’utilise chez l’homme pour traiter les problèmes érectiles, les problèmes d’infertilité et ceux de libido. De plus, on utilise souvent cette plante sur les hommes qui prennent de l’âge, et sur ceux qui perdent leur énergie physique. Les femmes peuvent cependant les utiliser aussi.

Le tribulus peut se consommer de plusieurs manières. Dans la plupart des cas, on le trouve en complément alimentaire, et donc sous la forme de capsules ou de comprimés. Il arrive aussi que le tribulus se trouve sous la forme d’une poudre, dans des sachets. Dans ce cas, il est préférable de se limiter à une consommation de 750 à 1 500 mg par jour, et en deux fois. On peut aussi se satisfaire d’une cure de 250 à 750 mg par jour, à prendre de préférence le matin.

Comme la plante ne génère pas d’effet indésirable sur l’organisme, il n’existe pas de posologie stricte. Si vous prenez du tribulus sous la forme d’un complément alimentaire, respectez les doses prescrites sur l’emballage. En règle générale, le complément alimentaire contenant 100 mg de protodioscine se prend trois fois par jour. Cela correspond à une dose de trois à dix grammes de feuilles sèches de tribule. Bien évidemment, la concentration en protodioscine dépend de plusieurs facteurs, comme le lieu de cueillette, le climat, etc.

Association avec d’autres plantes et interactions

Les bienfaits du tribulus peuvent tout à fait s’associer à ceux d’autres plantes, dont les propriétés demeurent similaires. Par exemple, la plante semble plus intéressante, notamment en ce qui concerne son pouvoir stimulant sur la libido, si elle s’associe à des suppléments ou à d’autres plantes. Il peut par exemple s’agir du ginseng et du maca du Pérou ! Ces associations favorisent un effet de synergie : les effets des plantes se décuplent. Comme le tribulus, le maca du Pérou et le ginseng sont des plantes naturelles et stimulantes.

Dans la médecine ayurvédique, le tribule s’associe généralement à l’ashwagandha pour stimuler l’organisme. On ne connaît pas d’interaction avec d’autres médicaments, produits ou plantes. Il est donc préférable de ne pas faire de mélanges sans prendre conseil auprès de son médecin.

Contre indications

Les données au sujet de l’éventuelle toxicité du tribulus sont peu nombreuses et incomplètes. En l’absence d’étude sérieuse et de données viables à ce sujet, les femmes enceintes et allaitantes devront éviter d’en consommer. Par ailleurs, comme elle est riche en saponines, la plante peut engendrer un reflux gastrique ou une irritation de la muqueuse gastrique chez les personnes sensibles. Chez les animaux qui broutent, l’ingestion en grande quantité de tribulus peut provoquer une obstruction des voies biliaires. Or, les experts affirment qu’avec les doses couramment proposées dans les compléments alimentaires, il n’existe aucun risque. Néanmoins, les personnes qui disposent d’antécédents d’obstruction biliaire devront éviter le tribulus. Ou simplement demander conseil à leur médecin avant d’en consommer.

Pour l’heure, aucun effet indésirable n’a été observé à court terme. Le tribulus n’a généré aucun effet secondaire au cours des essais préliminaires réalisés. Si une cytotoxicité a été évoquée, des études toxicologiques et pharmacologiques demeurent nécessaires pour la confirmer. En ce qui concerne les effets à long terme, les données actuelles sont insuffisantes pour garantir son innocuité. Si vous suivez un traitement médical, assurez-vous qu’il est compatible avec la consommation de compléments alimentaires. Il en est de même si vous souffrez d’une maladie ou de problèmes de santé.

Conseils : où et comment acheter la plante

Pour les chercheurs, il faut prêter une grande attention aux produits proposés sur le marché. Certains sont de mauvaise qualité et contiennent trop peu de constituants actifs. Il faut solliciter un vendeur de confiance lors de l’achat, notamment si le tribulus est acheté sur Internet. Vous pourrez aussi vous rapprocher de votre herboriste, de votre parapharmacien ou de votre pharmacien.

Vous pourrez trouver du tribulus dans les magasins bio et les boutiques spécialisées. Choisissez un mode d’administration simple et accessible. Préférez des produits hautement titrés en saponines et en principes actifs. Par ailleurs, lorsque vous achetez un complément alimentaire ou tout autre produit élaboré à partir de plantes, vous devez toujours vérifier la provenance de ces dernières. Pour être efficaces et concentrées en principes actifs, les plantes doivent provenir de leurs régions d’origine. Il s’agit des régions où elles poussent à l’état sauvage.

Dans la même logique, nous vous conseillons de vous tourner vers les produits issus de l’agriculture biologique. Plus respectueuse de l’environnement, elle permet aussi de produire des plantes dépourvues de pesticides et de produits chimiques. Ces produits altèrent généralement la qualité des plantes. Les plantes bio devront également avoir subi un processus de transformation le plus naturel et respectueux de leurs propriétés possible.

Notes & références

1. Guide pratique, produits de santé naturels, tout ce que vous devez savoir pour mieux les utiliser, p 77.
2. The hormonal effects of Tribulus terrestris and its role in the management of male erectile dysfunction – an evaluation using primates, rabbit and rat. Gauthaman K, Ganesan AP. Phytomedicine. 2008.
3. Sexual effects of puncturevine (Tribulus terrestris) extract (protodioscin): an evaluation using a rat model. Gauthaman K, Ganesan AP, Prasad RN. J Altern Complement Med. 2003.
4. Aphrodisiac properties of Tribulus Terrestris extract (Protodioscin) in normal and castrated rats. Gauthaman K, Adaikan PG, Prasad RN. Life Sci. 2002.
5. Proerectile pharmacological effects of Tribulus terrestris extract on the rabbit corpus cavernosum. Adaikan PG, Gauthaman K, et al. Ann Acad Med Singapore. 2000.
6. Akush Ginekol (Sofia). Protich M, Tsvetkov D, Nalbanski B, et al. 1983.
7. Zarkova S, ed. Tribestan: Experimental and Clinical Investigations. Sofia, Bulgaria: Chemical Pharmaceutical Research Institute; Viktorov IV. 1982.
8. The effect of five weeks of Tribulus terrestris supplementation on muscle strength and body composition during preseason training in elite rugby league player, Rogerson S, Riches CJ, Jennings C, Weatherby RP, Meir RA, Marshall-Gradisnik SM. J Strength Cond Res. 2007.
9. Effects of anabolic precursors on serum testosterone concentrations and adaptations to resistance training in young men. Brown GA1, Vukovich MD, Reifenrath TA, Uhl NL, Parsons KA, Sharp RL, King DS, int J Sport Nutr Exerc Metab. 2000.
10. Phytopharmacological overview of Tribulus terrestris. Chhatre S, Nesari T, Somani G, Kanchan D, Sathaye S. Pharmacogn Rev. 2014.
11. Pro-sexual and androgen enhancing effects of Tribulus terrestris L.: Fact or Fiction. Neychev V, Mitev V.
J Ethnopharmacol. 2016.
12. Influence of Tribulus terrestris extract on lipid profile and endothelial structure in developing atherosclerotic lesions in the aorta of rabbits on a high-cholesterol diet. Altug Tuncer M, Yaymaci B, et al. Acta Histochem. 2009
13. Mechanisms of gross saponins of Tribulus terrestris via activating PKCepsilon against myocardial apoptosis induced by oxidative stress Wang SS, Ji YS, et al. Yao Xue Xue Bao. 2009.
14. Effects of Tribulus terrestris L. saponion on apoptosis of cortical neurons induced by hypoxia-reoxygenation in rats, Liu XM, Huang QF, et al. Zhong Xi Yi Jie He Xue Bao. 2008.
15. Antihypertensive and vasodilator effects of methanolic and aqueous extracts of Tribulus terrestris in rats. Phillips OA, Mathew KT, Oriowo MA. J Ethnopharmacol. 2006
16. 406 cases of angina pectoris in coronary heart disease treated with saponin of Tribulus terrestris. Wang B, Ma L, Liu T. Zhong Xi Yi Jie He Za Zhi. 1990
17. Diminution of oxalate induced renal tubular epithelial cell injury and inhibition of calcium oxalate crystallization in vitro by aqueous extract of Tribulus terrestris. Aggarwal A, Tandon S, et al. Int Braz J Urol. 2010.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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