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Chardon-Marie

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Découvrir le chardon-Marie et ses bienfaits

Cette plante épineuse que l’on appelle chardon-Marie serait dotée de propriétés bienfaisantes sur le foie, mais pas seulement. On l’utilise depuis l’Antiquité à des fins médicinales. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser le chardon-Marie, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante

bienfaits du chardon-MarieLe chardon-Marie est une espèce de plante appartenant à la famille des Astéracées. Il est l’unique représentant du genre Silybum, même si certains auteurs estiment qu’il existe une seconde espèce appartenant à ce genre : le Silybum eburneum. Cette plante se reconnait facilement grâce à ses feuilles d’un vert pâle brillant, qui comportent des épines marbrées de blanc. Il s’agit d’une plante bisannuelle, de grande taille et très robuste. Elle dépasse généralement la taille d’un mètre et sa racine est longue, pivotante et épaisse. Ses feuilles sont bordées de dents épineuses dures. Les feuilles de la base sont très longues, tandis qu’elles sont plus courtes au niveau de ses parties aériennes.

Au bout de la plante, on trouve une fleur violette à cinq lobes, entourées de petites épines. On y trouve même de petits fruits le plus souvent noirs et marbrés de jaune. La période de floraison du chardon-Marie se situe entre mai et août, et survient donc dès la fin du printemps. En phytothérapie, c’est le fruit de la plante qu’on utilise. Ce dernier n’a pas de goût ni d’odeur, et il ressemble quelque peu à la graine de tournesol. Il contient l’essentiel des principes actifs et des composants de la plante. C’est donc lui qui est à l’origine des vertus du chardon-Marie.

Le fruit du chardon-Marie se compose de trois substances actives : la silybine, la silychristine et la silydianine. Ces trois composés forment un complexe hépatoprotecteur, portant le nom de silymarine. La plante se compose aussi d’huile grasse et de lipides, que l’on trouve dans son fruit. On peut aussi citer des flavonoïdes et des flavonolignanes au sein de sa composition. Quelques dérivés phénoliques sont aussi présents, tout comme des stérols, des tocophérols et des mucilages. Enfin, on trouve aussi des cristaux prismatiques, de l’oxalate de calcium et des cellules parenchymateuses dans la composition du fruit du chardon-Marie.

Origine et historique

Le chardon-Marie est originaire de la région méditerranéenne. Dans l’Antiquité, les Grecs l’utilisaient déjà pour traiter les troubles biliaires et hépatiques. À cette époque, Pline l’Ancien conseillait même de consommer du miel et du jus de chardon-Marie pour éliminer les excès de bile. Par la suite, au cours du Moyen-âge, la plante était connue pour être capable de chasser les maladies du foie et la « bile noire », liée aux affections du foie. Plus récemment, au XIXe siècle, les médecins de l’école éclectique américaine ont utilisé le chardon-Marie pour traiter les congestions du foie, des reins et de la vésicule biliaire, ainsi que les troubles menstruels et les varices. De nos jours, le chardon-Marie se retrouve encore dans de nombreuses préparations pharmaceutiques, notamment en Europe. La plupart de ces préparation se destinent donc au traitement des troubles biliaires et hépatiques.

C’est à une très vieille légende que le chardon-Marie doit son nom. La Vierge Marie, qui aurait donné le sain à l’Enfant Jésus près d’un bosquet de chardons, lors d’un voyage entre l’Égypte et la Palestine, aurai fait tomber quelques gouttes du lait sur les feuilles de la plante, ce qui créa les nervures blanches qui sont propres à cette espèce. Il porta alors le nom de chardon-Marie, en référence à cette histoire. Depuis, le chardon-Marie a aussi été cultivé à des fins culinaires.

En effet, on cuisinait les feuilles de la plante de la même manière que les épinards, après avoir ôté leurs épines. Les jeunes pousses étaient consommées comme des asperges, et les graines étaient torréfiées, comme celles de café. Enfin, le bouton floral du chardon-Marie était consommé comme des artichauts.L’utilisation du chardon-Marie en cuisine et en médecine remonte à la nuit des temps. Alors, quels sont ses bienfaits avérés par la science ?

Recherches et bienfaits

bienfaits du chardon-MarieLes maladies du foie

Selon les cliniciens et les chercheurs, le chardon-Marie peut régénérer les tissus du foie abîmés par divers facteurs. Mais la plante peut aussi préserver l’organe contre les toxines naturelles (venin de serpent, champignons, alcool, piqûres d’insectes, etc.) ainsi que contre les effets des toxines synthétiques (produits de nettoyage, solvants, médicaments, et autres) (1-2). En Europe, le chardon-Marie, et plus particulièrement la silymarine qu’il contient, sont considérés comme des substances très efficaces pour préserver le foie et ses actions. Dans le cadre de la médecine classique, cette plante s’utilise donc pour prévenir et traiter les troubles hépatiques de toutes sortes. Il s’agit le plus souvent de calculs biliaires, de cirrhose, d’hépatite, de jaunisse ainsi que de dommages provoqués par des substances toxiques naturelles ou synthétiques.

En effet, bon nombre d’observations médicales et d’essais cliniques ont démontré les effets bénéfiques du chardon-Marie sur les différentes maladies du foie, comme la cirrhose ou l’hépatite d’origine alcoolique ou virale (3). Cependant, le manque d’homogénéité dans les protocoles et la méthodologie ne permettent pas aux chercheurs de garantir l’efficacité de cette plante dans ce cadre (4). S’ils ne peuvent recommander la plante, ils ne peuvent pas non plus s’opposer à son utilisation, en raison de son innocuité (5). Il est donc nécessaire de poursuivre les effets cliniques sur le chardon-Marie et ses composants. Quant aux patients, il est préférable de les orienter vers un médecin.

Cependant, la Commission E. a décidé d’approuver l’usage de l’extrait de silymarine en 1989 pour traiter les intoxications hépatiques. Depuis, il s’utilise donc comme adjuvant au traitement de la cirrhose et de l’hépatite. En 2002, l’Organisation mondiale de la Santé a reconnu les mêmes usages à ce produit. Le fait que ces deux organismes aient reconnu l’efficacité de la plante lui permet de se retrouver dans un grand nombre de produits pharmaceutiques.

Une efficacité contre le diabète

Le chardon-Marie et ses composés actifs ont fait l’objet de bon nombre d’études cliniques, et notamment dans le cadre du traitement du diabète de type 2. Les résultats obtenus ont alors démontré que la consommation d’extrait de chardon-Marie permettait de renforcer le contrôle de la glycémie. De même, elle réduit aussi les taux de triglycérides sanguins et de cholestérol chez les patients (6). D’autres essais ont permis de démontrer des résultats similaires chez les personnes atteintes d’une cirrhose. Le traitement avait alors permis de réduire la résistance à l’insuline des patients (7). La recherche se poursuit.

Le chardon-Marie face au cancer

Les chercheurs s’intéressent de très près aux effets du chardon-Marie et de ses principes actifs en cas de cancer. En effet, cette plante permettrait notamment de préserver le foie des dommages engendrés par le traitement par chimiothérapie (8-9). De plus, les chercheurs étudient les possibles effets préventifs de la plante sur le cancer de la peau, le cancer de la prostate et le cancer colorectal (10-12). Mais ce n’est pas tout. En effet, le chardon-Marie, utilisé sous forme de cure, pourrait aussi renforcer l’efficacité des traitements contre le cancer. Pour l’heure, les essais cliniques ont été réalisés in vitro sur des animaux. Il est donc nécessaire de poursuivre la recherche.

Le traitement de la dyspepsie

L’Organisation mondiale de la Santé et la Commission E. reconnaissent l’utilisation des graines de chardon-Marie dans le cadre des soins de la dyspepsie. Les médecins de formation classique utilisent d’ailleurs des substances amères comme celles que l’on trouve dans le chardon-Marie pour traiter la dyspepsie. De plus, la plante entre dans la composition de différentes préparations pharmaceutiques visant à traiter les troubles digestifs d’origine biliaire ou hépatique. Des études cliniques sont en cours et devraient permettre de préciser les effets du chardon-Marie sur la dyspepsie dans les années à venir.

Consommation, indications et posologie

bienfaits du chardon-MarieLe chardon-Marie peut s’utiliser par voie externe, sur la peau, et dans le cadre de soins. Mais le plus souvent, son utilisation se fait par voie interne. Dans ce cas, et dans le cadre du traitement du foie, la posologie varie le plus souvent entre 140 et 210 milligrammes de chardon-Marie, trois fois par jour. On l’utilise alors généralement sous la forme de gélules, et donc de complément alimentaire. Ce produit comprend alors entre 70 et 80 % de silymarine. Il faut toujours respecter la posologie du fabricant ou de votre médecin, ainsi que des temps de cure raisonnables.

En ce qui concerne les troubles digestifs, le chardon-Marie peut s’utiliser en décoctions. Il suffit alors de faire bouillir 3,5 grammes de graines dans 150 millilitres d’eau et de boire cette préparation environ trente minutes avant un repas. Ensuite, on peut aussi utiliser les graines séchées. On en consomme alors entre 12 et 15 grammes par jour, à prendre en deux ou trois fois dans la journée. Enfin, le chardon-Marie s’utilise aussi en teinture. Il faut alors prendre un ou deux millilitres une demi-heure avant les repas.

Dans le cadre de cures de long terme, il est recommandé de faire des pauses de quelques jours de temps à autre. Mais aussi d’alterner les plantes médicinales, avant de reprendre la cure. En procédant ainsi, on peut permettre à l’organisme de tirer le meilleur des principes actifs des plantes. Et de manière générale, une cure de deux à trois mois permet au chardon-Marie d’agir de façon optimale sur l’organisme. Demandez conseil à votre médecin pour obtenir une posologie adaptée à vos besoins.

Association avec d’autres plantes et interactions

Le chardon-Marie est le plus souvent associé au radis noir, à la fumeterre ou à l’artichaut en cas d’hépatite, de jaunisse ou de crise de foie. Ces plantes renforcent son action sur l’organisme, et rendent donc le chardon-Marie plus efficace. D’autre part, la silymarine, l’une des substances présentes dans le chardon-Marie, s’associe souvent au ginseng, à la momordique ou au gymnema dans le cadre des traitements antidiabétiques. Dans ce cas, il est judicieux de solliciter un avis médical, afin d’obtenir une posologie adaptée à son état de santé.

Par railleurs, selon certaines données cliniques, le chardon-Marie serait en mesure d’influer sur l’activité des enzymes du foie. Ces dernières jouent un rôle clé dans le processus d’élimination des médicaments par le corps (13-14). Cet effet sur les cytochromes peut donc augmenter ou réduire la concentration d’un médicament. Et de ce fait, en augmenter l’efficacité, ou au contraire, la réduire. Mais attention. Influer sur la concentration d’un médicament peut aussi nuire à sa sécurité. Cependant, ces interactions restent faibles, et le plus souvent sans conséquences cliniques.

Enfin, la silymarine peut réduire la résistance à l’insuline, et ainsi améliorer le contrôle de la glycémie. En cas de traitement visant à modifier les taux de sucre dans le sang, un contrôle accru de la glycémie est essentiel. De plus, il est nécessaire de prévenir son médecin, de manière à lui permettre d’adapter la posologie des médicaments prescrits.

Contre indications

À l’heure actuelle, on ne connaît aucune contre-indication spécifique à la consommation de chardon-Marie. Néanmoins, même si la plante a été traditionnellement conseillée aux femmes allaitantes pour améliorer la production de lait, certains chercheurs estiment que l’absence de données toxicologiques complètes représente un risque pour les femmes enceintes et pour celles qui allaitent. Ces dernières devraient donc éviter le chardon-Marie, même si aucune étude n’a permis de démontrer la présence d’effets indésirables chez celles-ci. De plus, aucune femme enceinte ayant participé aux essais cliniques n’a remarqué de problème. En cas de doute, reportez-vous toujours à un avis médical et ne prenez pas de risques inutiles.

Le chardon-Marie peut parfois occasionner des troubles gastro-intestinaux légers, comme des diarrhées ou des nausées. Cependant, ces effets restent rares. Par ailleurs, la consommation de chardon-Marie peut aussi générer une réaction allergique chez les personnes qui présentent une allergie aux plantes de la famille des composées, comme la camomille, les asters ou les marguerites, par exemple. Aux doses thérapeutiques indiquées, il n’y a pas de précautions particulières à connaître, sauf pour les cas particuliers. Par exemple, en cas d’obstruction des voies biliaires, il faut éviter les plantes qui stimulent la vésicule biliaire. C’est le cas du chardon-Marie. En cas de maladie ou de pathologie, demandez conseil à votre médecin avant de consommer du chardon-Marie sous toutes ses formes.

Conseils : où et comment acheter la plante

On peut trouver des produits à base de chardon-Marie dans les parapharmacies, les herboristeries ainsi que les magasins bio. Ils se trouvent aussi sur Internet, auprès de sites spécialisés. Si vous optez pour une commande en ligne, assurez-vous de choisir un prestataire de confiance. Assurez-vous également d’acheter un produit de bonne qualité. Optez toujours pour des plantes de qualité, et donc pour du chardon-Marie provenant de sa région d’origine : la région méditerranéenne. La plante doit aussi provenir de cultures durables et biologiques pour être suffisamment concentré en principes actifs. N’hésitez pas à demander conseil auprès de votre médecin afin de trouver la posologie la plus adaptée à votre situation.

Notes & références

1. A review of plants used in the treatment of liver disease: part 1. Luper S. Altern Med Rev 1998.
2. Textbook of Natural Medicine, Pizzorno J.E. Jr, Murray Michael T. (Ed). Churchill Livingstone, États-Unis, 1999.
3.
Milk thistle in liver diseases: past, present, future. Abenavoli L, Capasso R, Milic N, Capasso F. Phytother Res. 2010.
4. Evidence Reports, Milk Thistle: Effects on Liver Disease and Cirrhosis and Clinical Adverse Effects. AHRQ Evidence-Based Clinical Information. États-Unis, 2000.
5. An updated systematic review with meta-analysis for the clinical evidence of silymarin
. Saller R, Brignoli R, et al. Forsch Komplementmed. 2008.
6.
The efficacy of Silybum marianum (L.) Gaertn. (silymarin) in the treatment of type II diabetes: a randomized, double-blind, placebo-controlled, clinical trial. Huseini HF, Larijani B, et al. Phytother Re, s2006.
7.
Long-term (12 months) treatment with an antioxidant drug (silymarin) is effective on hyperinsulinemia, exogenous insulin need and malondialdehyde levels in cirrhotic diabetic patients. Velussi M, Cernigoi AM, et al. J. Hepatol. 1997.
8.
Toward the definition of the mechanism of action of silymarin: activities related to cellular protection from toxic damage induced by chemotherapy. Comelli MC, Mengs U., et al. Integr Cancer Ther. 2007 Jun; 6(2):120-9. Review.
9. Clinical applications of Silybum marianum in oncology
. Greenlee H., Abascal K., et al. Integr Cancer Ther. 2007.
10.
Silymarin and skin cancer prevention: Anti-inflammatory, antioxidant and immunomodulatory effects (Review), Katiyar SK, International Journal of Oncology, 2005.
11. Chemopreventive efficacy of silymarin in skin and prostate cancer
. Deep G, Agarwal R. Integr Cancer Ther, 2007.
12. Mechanisms and preclinical efficacy of silibinin in preventing skin cancer
. Singh R.P., Agarwal R. European Journal of Cancer, 2005.
13. Effect of silybin and its congeners on human liver microsomal cytochrome P450 activities.
Zuber R., Modriansky M., et al. Phytother Res, 2002.
14. Milk thistle, a herbal supplement, decreases the activity of CYP3A4 and uridine diphosphoglucuronosyl transferase in human hepatocyte cultures
. Venkataramanan R, Ramachandran V, Komoroski BJ, et al. Drug Metab Dispos. 2000.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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