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Éleuthérocoque

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Découvrir l’éleuthérocoque et ses bienfaits

Celle que l’on appelle « ginseng de Sibérie » serait dotée de propriétés hors du commun, en particulier sur la performance sportive et la fatigue. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser l’éleuthérocoque, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante

éleuthérocoqueLes éleuthérocoques (Eleutherococcus) représentent un genre comptant une trentaine d’arbres épineux et d’arbrisseaux, qui appartiennent à la famille des Araliaceae. Aussi appelée « ginseng sibérien », la plante dont il est question (Eleutherococcus senticosus) ici est originaire d’Extrême-Orient. Ses régions d’origine se répartissent des Philippines au Japon, en passant par la Chine centrale et occidentale, jusqu’au sud-est sibérien. 

Très prisée en médecines traditionnelles et en herboristerie, l’éleuthérocoque se cultive également pour l’aménagement paysager, en raison de la beauté de ses feuilles. L’arbuste épineux peut atteindre deux à trois mètres de hauteur. Ses feuilles, longuement pétiolées, sont composées-palmées. Les fleurs de l’arbre sont violettes pour les mâles et jaunes pour les femelles, et elles se réunissent en ombelles globuleuses. Quant au fruit de l’arbre, il se présente sous la forme d’une petite baie noire. 

Les médecines traditionnelles et la phytothérapie utilisent essentiellement la racine de la plante, riche en principes actifs. Celle-ci contient notamment des polysaccharides et des composés phénoliques. On note aussi la présence d’acides phénylpropaniques, de coumarines, de lignanes et d’hétérosides. Parmi ces derniers se trouvent les éleuthérosides, dont des banals et des spécifiques. Les éleuthérosides sont les principes actifs adaptogènes qui lui valent ses propriétés toniques. 

D’autre part, la plante est aussi riche en sels minéraux et oligo-éléments tels que le magnésium, le phosphore, le potassium et le calcium. 

Origine et historique

Les premiers usages de l’éleuthérocoque sont très lointains, puisqu’ils remontent à plus de quatre mille ans. Les Chinois l’utilisent déjà à cette époque pour accroître la longévité, améliorer la mémoire et l’appétit, et maintenir un bon état de santé. Celle que l’on appelle « le ginseng sibérien » est connue du peuple russe depuis 1855 et sa découverte par deux scientifiques en voyage dans le nord du pays. C’est vers la fin des années 1950 que les Russes se sont véritablement intéressés à cette plante aux bienfaits variés. Ils recherchaient une alternative au ginseng, devenu très rare et très cher (victime d’une cueillette trop intense). 

En raison des allégations prêtées à la plante, et notamment sur sa possible capacité à augmenter les performances sportives, les athlètes de l’Union soviétique ont commencé à consommer l’éleuthérocoque. Rapidement, cette plante est devenue une plante médicinale en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, dès 1975. Aujourd’hui encore, on l’appelle « le ginseng de Sibérie ». Cette appellation est due aux vertus adaptogènes de la plante. Mais d’un point de vue purement botanique, elle est erronée. Le ginseng de Corée et l’éleuthérocoque n’ont pas de caractéristiques botaniques en commun.

Recherches et bienfaits

bienfaits de l'éleuthérocoque

Des effets stimulants sur l’immunité 

Les études scientifiques sur l’éleuthérocoque ont débuté vers la fin des années 1950. Depuis, elles sont nombreuses à avoir permis la mise en évidence des caractéristiques de la plante, et ses bienfaits sur la santé. Justement, certaines études montrent que l’éleuthérocoque stimule certaines cellules du système immunitaire, qui sont les lymphocytes (1). La plante possède une activité antivirale à large spectre (2-7). Or, pour l’heure, les données sur les humains sont encore peu nombreuses. On sait simplement que l’éleuthérocoque présente un effet immunomodulateur, mais nous ignorons encore le niveau de résistance des sujets face aux infections (3-4).

Par ailleurs, la racine d’éleuthérocoque est l’un des ingrédients présents dans une préparation à base d’andrographis et visant à traiter les infections des voies respiratoires. Cette préparation a fait ses preuves à plusieurs reprises lors d’essais cliniques (5-6). D’autres préparations, contenant de l’éleuthérocoque, ont également fait leurs preuves dans le cadre du traitement des infections des voies respiratoires supérieures (7) et des pneumonies (8). En somme, l’éleuthérocoque est un allié de la santé et permet de booster les défenses naturelles de l’organisme en prévention ou en traitement des différentes affections pouvant l’atteindre. On dit de cette plante qu’elle est immunostimulante par ses polysaccharides. 

Une plante contre la fatigue intense 

L’éleuthérocoque est réputée dans le monde entier pour sa capacité à traiter la fatigue physique ou intellectuelle, qu’elle soit ponctuelle, chronique ou intense (9). Certains médecins n’hésitent pas à la recommander à leurs patients présentant des signes de fatigue intense, une baisse de l’immunité ou en convalescence. En médecine traditionnelle chinoise, cette plante est souvent donnée aux personnes âgées pour leur redonner force et vitalité. L’Organisation mondiale de la Santé et la Commission E. reconnaissent l’usage de l’éleuthérocoque comme tonique et stimulant de l’organisme. Ces institutions en recommandent l’usage en cas de faiblesse, de fatigue ou de capacités (travail ou concentration) amoindries. Il en est de même pour la convalescence. 

Des propriétés adaptogènes 

Le ginseng de Sibérie est très prisé pour ses propriétés adaptogènes majeures, liées à la présence de principes actifs spécifiques dans sa composition. Il s’agit des éleuthérosides. Selon les scientifiques à l’origine de la découverte des adaptogènes, une substance adaptogène augmente de façon générale la résistance de l’organisme face aux diverses formes de stress qui l’affectent. Les adaptogènes génèrent une action régulatrice (non spécifique) sur les fonctions physiologiques et de nombreux organes. Le tout, en provoquant un minimum d’effets indésirables. 

Il y a plusieurs décennies, les éleuthérosides présents dans l’éleuthérocoque ont été reconnus comme étant des substances aux propriétés similaires à celles des ginsénosides présents dans le ginseng de Corée. Dans la plante, les deux principes actifs les plus abondants sont les éleuthérosides B et E. On prête donc à l’éleuthérocoque des propriétés adaptogènes similaires à celles du ginseng de Corée, d’où son célèbre surnom « ginseng de Sibérie ». La plante aide l’organisme à résister aux diverses formes de stress qui l’affectent (physique, oxydatif, émotionnel) et à mieux réagir. 

Éleuthérocoque et performances physiques 

Vers la fin des années 1975, la réputation de la plante s’est étendue en Europe de l’Ouest et jusqu’au continent américain. Réputée capable de booster les performances sportives, cette plante a progressivement été intégrée aux habitudes alimentaires des athlètes et sportifs, en tant que complément alimentaire. Depuis les années 1960, la plante fait effectivement l’objet d’études et d’essai cliniques multiples, dont les résultats sont positifs et encourageants. Cependant, les plus récentes études n’ont pas été concluantes dans ce sens, notamment dans le cadre d’un entraînement intensif (10-11). 

Si l’éleuthérocoque optimise la performance sportive, c’est avant tout parce qu’elle agit comme stimulant et tonique. Elle aide à réduire la fatigue physique qui affecte les sportifs, et à faire face au stress oxydatif produit par un effort physique intense. Ses effets sur la performance sportive sont semblables à ceux du ginseng de Corée. On peut l’utiliser dans la préparation aux effets sportifs (12). 

Les propriétés de la plante sur la cognition, la mémoire 

L’éleuthérocoque possède des vertus neuro-protectrices (13). Elle stimule le système nerveux central, et permet de lutter contre la dégénérescence des cellules qui le compose. De même, en raison de ses effets sur le cerveau, l’éleuthérocoque booste les capacités intellectuelles, cognitives et mémorielles. 

Les autres recherches 

L’éleuthérocoque continue de passionner les scientifiques et les chercheurs, qui tentent de déterminer avec exactitudes les bienfaits de la plante et leur portée. On sait aujourd’hui que cette plante peut être utilisée sur les patients qui souffrent de crises récurrentes d’herpès génital. Une prise quotidienne aide à réduire la fréquence des crises de ces patients (13). 

Par ailleurs, la plante possède des propriétés anti-inflammatoires qu’il faut souligner. Dans un cadre sportif, ou face à une maladie inflammatoire chronique, elle peut aider à soulager les symptômes ressentis. Enfin, l’éleuthérocoque stimule l’endocrine, et donc les glandes sexuelles et surrénales. Les Russes l’utilisent pour stimuler leur libido !

Consommation, indications et posologie

bienfaits de l'éleuthérocoqueL’éleuthérocoque se consomme en infusion. Dans ce cas, il faut infuser entre 2 et 4 grammes de racines séchées dans 150 millilitres d’eau bouillante. Boire une à deux tasses par jour. En comprimés ou en capsules, les racines séchées se prennent en deux à trois doses pour un total compris entre 0,5 et 4 grammes par jour. En teinture, on conseille de consommer 10 à 20 millilitres de produit, en deux à trois doses quotidiennes. 

La plante se prend aussi en extraits solides. Dans ce cas, les consommateurs se voient conseiller d’en consommer 100 à 200 milligrammes par jour, en deux à trois doses. En extrait fluide, la quantité recommandée est comprise entre 2 et 4 millilitres, toujours en deux à trois doses. 

En ce qui concerne l’éleuthérocoque, les spécialistes recommandent de prendre une pause thérapeutique d’une à deux semaines toutes les six à douze semaines de cure. De même, ils conseillent de tenir compte de la teneur en ingrédients actifs des produits et préparations, qui peuvent considérablement varier en fonction des produits. Ici, il faut adapter la posologie et respecter des temps de pause nécessaires. N’hésitez pas à demander conseil à un médecin ou à un spécialiste des plantes pour adapter au mieux votre cure d’éleuthérocoque.

Association avec d’autres plantes et interactions

Contre la fatigue, l’éleuthérocoque peut s’associer aux bienfaits de la spiruline. Il en est de même pour la fatigue persistante. La plante s’associe alors à l’acérola, une source de vitamine C très puissante. Contre les signes de fatigue intense, cette plante sibérienne peut coupler ses effets à ceux de la propolis, de la rhodiola rosea ou encore, du curcuma. Pour améliorer la concentration, l’éleuthérocoque se marie avec le ginseng de Corée et le bacopa. Les effets de la plante peuvent aussi s’ajouter à ceux du moringa et du guarana dans l’amélioration des performances physiques et sportives. Enfin, on peut associer l’éleuthérocoque à l’escholtzia pour traiter l’énurésie. 

En théorie, les effets de la racine de cette plante peuvent s’ajouter à ceux des médicaments hypertenseurs, hypotenseurs ou hypoglycémiants. En revanche, un essai clinique montre que l’éleuthérocoque n’interagit pas avec les médicaments chez les personnes en bonne santé, car il ne possède pas d’élément inhibiteur ou activateur de cytochromes (14). Il s’agit des enzymes agissant dans le métabolisme des médicaments.

Contre indications

L’éleuthérocoque a pour effet d’élever le taux de glycémie après un repas (taux de sucre dans le sang) (15). En cas de diabète, il est essentiel de consulter son médecin afin de lui permettre d’ajuster la posologie du traitement hypoglycémiant. Par ailleurs, et à un tout autre chapitre, la prise d’éleuthérocoque peut provoquer une élévation de la tension artérielle et des palpitations cardiaques. La plus grande vigilance est donc demandée aux personnes atteintes de cardites rhumatismales ou d’athérosclérose. 

La Commission E. recommande aux personnes qui présentent une tension artérielle élevée (plus de 1870/90) d’éviter la prise d’éleuthérocoque. De même, cette contre-indication s’étend aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes et aux enfants de moins de douze ans. Aux doses recommandées, cette plante ne génère que de très rares effets secondaires. Il s’agit alors de troubles du sommeil et de diarrhées temporaires. 

En usage prolongé, la consommation d’éleuthérocoque peut augmenter le risque d’hypokaliémie par pseudohyperaldostéronisme (16). Il faut en tenir compte et avertir son médecin d’une éventuelle cure à base de cette plante.

Conseils : où et comment acheter la plante

L’éleuthérocoque se présente sous diverses formes dans les commerces. En phytothérapie, ce sont les racines de la plante qui s’utilisent majoritairement. Elles sont proposées sous des formes diverses. En extrait sec (capsules, comprimés, etc.), en extrait fluide, en poudre (racines séchées puis réduites en poudre) et en teinture mère. On peut aussi trouver des racines séchées pour infusions. L’éleuthérocoque est disponible dans les commerces sous forme de compléments alimentaires. Elle l’est aussi dans les herboristeries (racines fraîches, sèches, entières ou en poudre). Ce n’est pas une plante très connue en Occident, ce qui explique la rareté des boutiques qui en proposent. On peut par ailleurs trouver de nombreux produits de qualité sur Internet, auprès de vendeurs spécialisés dans les compléments alimentaires. Il faut se tourner vers un vendeur de confiance, qui propose des produits de qualité et respecte les certifications européennes. 

Bien entendu, la provenance et la méthode de culture des racines d’eleuthérocoque sont des données essentielles. La plante doit provenir de sa région originelle, qui lui propose les meilleures conditions de développement. Privilégiez les produits issus d’une culture durable, écologique et respectueuse des producteurs.

Notes & références

1. Immunopharmacological in vitro effects of Eleutherococcus senticosus extracts, Steinmann GG, Esperester A, Joller P. Georg Thieme Verlag Stuttgart, New York. Arzneimittelforschung 2001 Jan.
2. Glatthaar-Saalmuller B, Sacher F, Esperester A. Antiviral activity of an extract derived from roots of Eleutherococcus senticosus. Antiviral Res 2001 Jun.
3. Szolomicki J, Samochowiec L, et al. The influence of active components of Eleutherococcus senticosus on cellular defence and physical fitness in man. Phytother Res 2000.
4. Bohn B, Nebe CT, Birr C. Flow-cytometric studies with eleutherococcus senticosus extract as an immunomodulatory agent. Arzneimittelforschung. 1987 Oct.
5. Gabrielian ES, Shukarian AK, et al. A double blind, placebo-controlled study of Andrographis paniculata fixed combination Kan Jang in the treatment of acute upper respiratory tract infections including sinusitis. Phytomedicine 2002.
6. Melchior J, Spasov AA, et al .Double-blind, placebo-controlled pilot and phase III study of activity of standardized Andrographis paniculata Herba Nees extract fixed combination (Kan jang) in the treatment of uncomplicated upper-respiratory tract infection. Phytomedicine 2000.
7. Narimanian M, Badalyan M, et al. Randomized trial of a fixed combination (KanJang) of herbal extracts containing Adhatoda vasica, Echinacea purpurea and Eleutherococcus senticosus in patients with upper respiratory tract infections. Phytomedicine. 2005 Aug.
8. Narimanian M, Badalyan M, et al. Impact of Chisan (ADAPT-232) on the quality-of-life and its efficacy as an adjuvant in the treatment of acute non-specific pneumonia. Phytomedicine. 2005.
9. Cicero AF, Derosa G, et al. Effects of Siberian ginseng (Eleutherococcus senticosus maxim.) on elderly quality of life: a randomized clinical trial. Arch Gerontol Geriatr Suppl. 2004.
10. Ginseng: is it in the root? Palisin TE, Stacy JJ. Curr Sports Med Rep. 2006 Jun; 5(4):210-4. Review.
11. Goulet ED, Dionne IJ. Assessment of the effects of eleutherococcus senticosus on endurance performance. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2005.
12. Eschbach LF, Webster MJ, Boyd JC, McArthur PD, Evetovich TK. The effect of siberian ginseng (Eleutherococcus senticosus) on substrate utilization and performance. International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2000.
13. Williams M. Immuno-protection against herpes simplex type II infection by eleutherococcus root extract. Int J Alt Complement Med. 1995; 13:9-12. Étude mentionnée dans : The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements – Ginseng, ConsumerLab.com.
14. Donovan JL, DeVane CL, et al. Siberian ginseng (Eleutherococcus senticosus) effects on CYP2D6 and CYP3A4 activity in normal volunteers. Drug Metab Dispos. 2003 May.
15. Sievenpiper JL, Arnason JT, et al. Decreasing, null and increasing effects of eight popular types of ginseng on acute postprandial glycemic indices in healthy humans: the role of ginsenosides. J Am Coll Nutr 2004.
16. Lee, J. & Eo, E. & Lee, D.. (2012). Severe Hypokalemic Paralysis due to Chronic use of Acanthopanax Senticosus Ingestion: A Case Report. Hong Kong Journal of Emergency Medicine. 

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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