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Découvrir l’arnica et ses bienfaits 

L’arnica est une plante que nous connaissons tous sous sa forme homéopathique. Mais elle peut s’utiliser sous bien des formes pour traiter et soulager des maux et des blessures. Elle est d’ailleurs l’une des plantes les plus populaires de la pharmacopée allemande. Qu’en disent les recherches scientifiques ? Comment utiliser l’arnica, et quelles sont ses contre-indications ? Réponses.

Définition et composition de la plante 

arnicaL’arnica est un genre auquel près de trente espèces de plantes herbacées appartiennent. Ces dernières font partie de la famille des Asteraceae. L’Arnica montana, la plus répandue de toutes, est une plante montagnarde qui se développe généralement dans les zones tempérées de la planète, et notamment dans les régions tempérées néarctiques et paléarctiques. En Europe, on ne trouve que de l’Arnica montana et de l’Arnica angustifolia

L’Arnica possède une hampe florale peu ramifiée et porte des feuilles opposées vers l’apex de la tige, et duveteuses. Les feuilles de l’arnica sont tannées et ovoïdes. Quant à ses basales, elles forment une rosette. Les plantes du genre Arnica développent des capitules oranges ou jaunes de six à huit centimètres de largeur. Ils possèdent des fleurons ligulés en raison ainsi que des fleurons tubulés. La fleur de l’arnica a un parfum aromatique assez léger. Quant à son fruit, il ressemble à une graine. En réalité, les fruits de l’arnica sont des akènes bruns à aigrettes.  

L’arnica est riche en composés actifs, puisqu’elle contient des phytostérols, des caroténoïdes, des tanins et des flavonoïdes (astragaloside, lutéoline-glucoside, isoquercitroside, quercétol-3-glucogalacturonide). L’ensemble de ces composés sont des antioxydants naturels et puissants. Dans sa composition, on note aussi la présence de polysaccharides (arabinogalactanes et fucogalactoxyloglucane), d’acides phénoliques ainsi que de lactones sesquiterpéniques de type pseudoguaianolide. Enfin, l’arnica contient quelques autres molécules actives. Elles sont des coumarines (ombelliférone, scopolétol), des alcools triterpéniques (arnidiol et faradiol) et de l’huile essentielle, qui quant à elle se compose de polyines et d’acides gras (acide linoléique, acide myristique, acide palmitique et acide linolénique). L’arnica possède donc une composition naturellement antioxydante et propose plusieurs molécules actives intéressantes. 

Origine et historique  

En Europe, il est difficile de dater les origines de l’usage médicinal de l’arnica, tant il est ancien. On dit d’ailleurs souvent qu’il remonte « à la nuit des temps ». Dans le passé, l’arnica a fait l’objet d’usages internes. Aujourd’hui, elle se réserve à un usage externe. Cette plante est utilisée à travers le monde, comme en Amérique du Nord, du Mexique à l’Alaska. Trois espèces d’arnica s’utilisent en médecine pour traiter différents maux et blessures. Enfin, cette plante avait aussi plusieurs usages en médecine éclectique. 

S’il est difficile à dater les premiers usages de l’arnica, il est tout autant complexe de déterminer l’origine de son nom. En effet, certains pensent que son étymologie vient de l’arabe, alors que d’autres pensent qu’il est plus probable qu’elle soit une altération latin du grec ancien. Dans ce cas, le mot « arnica » fait référence aux plantes qui font éternuer. Une théorie qui semble logique si l’on considère qu’elle était recommandée comme poudre à éternuer (1). 

L’arnica est très populaire en Allemagne, où elle entre dans la composition d’un grand nombre de produits du commerce (granules homéopathiques, onguents, teintures, etc.). D’ailleurs, ce succès a mis en péril l’arnica et sa pérennité. De ce fait, son exploitation est aujourd’hui réglementée chez nos voisins d’outre-Rhin. En plus de l’Arnica montana, on y cultive de l’Arnica chamissonis, une plante qui entre également dans la pharmacopée allemande, et dont on estime qu’elle possède des bienfaits similaires. 

En raison de ses effets sur la douleur, l’arnica intéresse particulièrement les chercheurs. De nombreuses études sont réalisées depuis plusieurs décennies sur cette plante. Beaucoup portent sur le soulagement de la douleur et le traitement des douleurs causées par les maladies chroniques.

Recherches et bienfaits

bienfaits de l'arnica

Des effets antalgiques et antinévralgiques 

Les études menées sur l’arnica ont permis de mettre en évidence les propriétés antalgiques de cette plante. Elle permet de soulager les douleurs musculaires (2) et articulaires des personnes qui l’appliquent sur leur peau. Les essais montrent aussi que l’arnica contribue à réduire l’inflammation générée par les lésions musculaires (3). Par voie locale, l’arnica agit tel un décontractant musculaire, comme le montre une étude datant de 2009 à ce sujet (4). Par voie orale, l’arnica est un puissant antalgique. Ses effets ont été mesurés par le WOMAC (Western Ontario and McMaster Universities Osteoarthritis Index) (5). En plus d’effets antalgiques avérés, l’arnica agit comme un véritable antinévralgique. Cela signifie donc que la plante aide à réduire et à prévenir les douleurs liées à l’inflammation d’un nerf sensitif. 

Les douleurs postopératoires 

Les effets de l’arnica sur la douleur s’apprécient aussi dans le cadre postopératoire. En effet, l’arnica en application topique et par voie orale a permis de soulager la douleur de patients opérés du syndrome du canal carpien. L’effet anti-inflammatoire de l’arnica serait ici lié à une préparation phytopharmaceutique. La plupart des études cliniques s’accordent sur un point. L’utilisation de l’arnica contribue à réduire la douleur, même modestement à des doses homéopathiques (6). Cependant, quelques études concluent l’inverse : l’arnica homéopathique n’aurait pas d’effet bénéfique (7). Ainsi, des études supplémentaires semblent nécessaires pour identifier et quantifier les effets véritables de la plante sur les douleurs postopératoires. 

Des propriétés anti-inflammatoires et antirhumatismales 

Des études préliminaires ont permis d’évaluer l’efficacité de l’arnica chez les personnes atteintes d’arthrite et d’arthrose. Dans le premier cas, l’arnica appliquée en gel quotidiennement a permis de soulager la douleur de façon significative, mais aussi de réduire la rigidité musculaire (8). Ici, selon les résultats des chercheurs, l’arnica serait aussi efficace que l’ibuprofène, qui est un anti-inflammatoire classique, notamment pour améliorer la fonction des mains des patients (9). 

D’autre part, dans le cadre de l’arthrose du genou, les patients ont reconnu avoir ressenti un soulagement de la douleur grâce à un traitement en applications locales d’arnica en gel (10). Cet essai a permis de mettre en évidence l’efficacité de la plante dans le soulagement de la douleur et l’amélioration de la mobilité des patients. Les effets de la plante seraient aussi importants que ceux d’un inflammatoire classique : l’ibuprofène (11). 

Des vertus antifongiques et antibactériennes 

En plus de ses propriétés anti-inflammatoires, antinévralgiques, antalgiques et anti-rhumatismales, l’arnica possède des propriétés antifongiques et antibactériennes. Les polysaccharides qu’elles renferment agissent sur l’immunité et sur les cultures cellulaires. De cette façon, l’arnica permet de renforcer l’immunité et de prévenir les affections causées par des pathogènes, bactéries, virus, champignons, etc. (12). On dit donc de l’arnica qu’elle possède des propriétés immunomodulantes sur l’organisme. 

Les autres recherches 

La Commission E. allemande reconnaît l’usage externe de l’arnica dans le traitement des œdèmes et des hématomes. Il en est de même pour le traitement des contusions, des dislocations, de l’inflammation de la gorge et de la bouche, des troubles musculaires et articulaires, des phlébites superficielles, des piqûres d’insectes et des furoncles. Quant à l’ESCOP, elle reconnaît l’efficacité du traitement local par arnica contre les entorses. Mais aussi pour les ecchymoses, la gingivite, les douleurs articulaires, les ulcères aphteux et les inflammations causées par les piqûres d’insectes. 

L’arnica n’a pas prouvé son efficacité contre la formation des ecchymoses au cours d’un essai préliminaire. La plante ne permettrait pas de prévenir leur formation, notamment après une chirurgie faciale au laser. Et elle ne peut pas favoriser leur guérison (13). En revanche, les chercheurs ont observé une amélioration au niveau des bleus provoqués par la chirurgie avec l’application de l’arnica. Celle-ci est donc bien efficace sur les contusions et les hématomes (14). 

Les résultats de plusieurs essais menés sur l’arnica montrent que la plante permet d’augmenter le tonus veineux des personnes atteintes d’insuffisance veineuse et de varices. Ici, le gel d’arnica permet de réduire les œdèmes, mais également de soulager la sensation de lourdeur qui se manifeste dans les jambes des patients (15). 

Enfin, plusieurs essais cliniques montrent que l’utilisation de l’arnica sous forme homéopathique permet d’améliorer la vision des personnes diabétiques (16-17). Or, ces effets n’ont plus été observés depuis dans les différentes études réalisées sur l’arnica et ses bienfaits. 

Consommation, indications et posologie

arnica

L’arnica est une plante indiquée en cas de névralgies en applications locales. Elle s’utilise en cas d’ecchymoses, d’œdèmes et de douleurs post-traumatiques et postopératoires (18). On peut aussi utiliser cette plante en dilutions homéopathiques après l’accouchement pour réduire le risque hémorragique (19). Enfin, l’arnica peut également s’utiliser dans plusieurs autres cas. Elle sert en gargarismes (inflammation de la gorge), pour traiter les amygdalites et stomatites, en traitement postopératoire. 

Pour l’inflammation de la gorge ou de la cavité orale, l’arnica s’utilise en teinture (1:10 dans éthanol à 40 %). Ici, il faut diluer une part de teinture dans dix parts d’eau et utiliser cette solution en gargarisme (ou en bain de bouche) plusieurs fois par jour. Attention : il ne faut pas avaler cette solution. 

En ce qui concerne les douleurs articulaires et musculaires, plusieurs autres modes d’application sont possibles. Il en est de même pour les œdèmes, les hématomes, les furoncles, les phlébites, les piqûres d’insectes, les contusions ou les dislocations. Dans tous les cas, il ne faut pas appliquer l’arnica sur une plaie ouverte. La plante s’utilise alors en infusion pour compresse. Il faut pour cela infuser deux grammes de fleurs d’arnica séchées dans 100 ml d’eau bouillante durant cinq à dix minutes. Après avoir laissé l’infusion refroidir, il suffit de l’appliquer sur la partie atteinte. À renouveler plusieurs fois par jour. 

On peut aussi utiliser l’arnica en teinture (1:10 dans éthanol à 40 %) et l’appliquer sur la partie atteinte avec une compresse après dilution (une part de teinture pour trois à dix parts d’eau). Enfn, l’arnica s’utilise aussi en onguent (15 % d’huile d’arnica ou 20 à 25 % de teinture). Il suffit d’appliquer l’onguent plusieurs fois par jour sur la partie atteinte.

Association avec d’autres plantes et interactions

L’arnica n’est pas une plante que les spécialistes associent à d’autres. On ne lui connaît que très peu d’interactions. On sait simplement que la prise simultanée par voie orale d’arnica et de plantes aux propriétés antiplaquettaires ou anticoagulantes peut considérablement augmenter le risque d’hémorragie. Les plantes dont il est question ici sont notamment le Ginkgo biloba et le Ginseng de Corée. En toute logique, ces mêmes effets sont observés lorsque l’arnica est prise en simultanée avec un médicament aux propriétés antiplaquettaires ou anticoagulantes. Si vous suivez un traitement médical de ce type, n’ingérez pas d’arnica. De plus, évitez d’associer l’utilisation de l’arnica avec d’autres produits à base de plantes. Demandez conseil à votre médecin avant d’utiliser de l’arnica ou de l’associer avec un médicament ou une quelconque autre plante.

Contre indications

Dans le passé, l’arnica s’utilisait très souvent par voie interne. Et ce, notamment dans le cadre du traitement des troubles respiratoires ou cardiaques. Or, aujourd’hui, cette plante n’est recommandée que par voie interne et plus par voie orale. Il ne faut pas non plus l’appliquer sur les plaies ouvertes. En gargarisme ou en rince-bouche, il faut éviter d’avaler la solution. Les personnes qui sont allergiques aux plantes de la famille des composées doivent utiliser l’arnica avec la plus grande prudence. Les plantes en question sont l’échinacée, la marguerite, le pissenlit, le souci, l’herbe à poux, etc. 

Chez certaines personnes, l’arnica peut provoquer des effets secondaires ou indésirables qu’il est important de connaître. Il s’agit de la dermatite, de la gastro-entérite, de palpitations cardiaques, de saignements, de nausées et de paralysie musculaire. Si ces symptômes apparaissent, il faut stopper l’usage de l’arnica. S’ils persistent, une consultation médicale s’impose.

Conseils : où et comment acheter la plante

Il est toujours conseillé d’utiliser et de consommer des produits à bases de plantes issues de l’agriculture biologique. De cette façon, on peut avoir l’assurance qu’elles ne contiennent pas de résidus de pesticides ou d’engrais chimiques. Dans la même mesure, il est préférable de se tourner vers des vendeurs de confiance, que ce soit dans les boutiques physiques (pharmacies, parapharmacie, magasins biologiques) ou sur Internet. 

Lorsque vous achetez de l’arnica, privilégiez toujours les produits qui affichent clairement leur teneur en arnica (et autres ingrédients). La teneur en arnica doit être exprimée distinctement sur l’emballage du produit. D’autres informations doivent être mentionnées également. Il s’agit de son lieu de culture et de la méthode de transformation utilisée. Il s’agit aussi de son lieu de conditionnement et des normes que le produit respecte. 

Les labels (à l’image du label d’agriculture biologique) doivent aussi apparaître sur l’étiquette et être de véritables labels. C’est à dire, des labels reconnus par les autorités de santé et celles qui régissent le commerce. En effet, des vendeurs peu scrupuleux n’hésitent pas à inventer des labels qui n’ont aucune valeur morale. Et ils trompent ainsi les consommateurs avec leurs produits. Pour un traitement local adapté à vos douleurs ou problèmes de santé, demandez conseil à un spécialiste ou un médecin. Notamment avant d’acheter un gel ou une crème à base d’arnica.

Notes & références

1. Trésor de la langue française informatisé : Arnica.
2 . Étude mentionnée dans : European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). Arnicae flos, ESCOP Monographs on the Medicinal Uses of Plants Drugs, Centre for Complementary Health Studies, Université d’Exeter, Grande-Bretagne, 1997.
3. Alfredo PP, Anaruma CA, et al. Effects of phonophoresis with Arnica montana onto acute inflammatory process in rat skeletal muscles: an experimental study. Ultrasonics. 2009.
4. Alfredo PP, Anaruma CA, Pião AC, João SM, Casarotto RA. Effects of phonophoresis with Arnica montana onto acute inflammatory process in rat skeletal muscles: an experimental study. Ultrasonics. 2009.
5. Knuesel O, Weber M, Suter A. Arnica montana gel in osteoarthritis of the knee: an open, multicenter clinical trial. Adv Ther. 2002.
6. Karow JH, Abt HP, Frohling M, and Ackermann H. Efficacy of Arnica montana D4 for healing of wounds after Hallux valgus surgery compared to diclofenac. J Altern Complement Med 2008.
7. Hart O, Mullee MA, Lewith G, et al. Double-blind, placebo-controlled, randomized clinical trial of homoeopathic arnica C30 for pain and infection after total abdominal hysterectomy. J.R.Soc.Med 1997.
8. Knuesel O, Weber M, and Suter A. Arnica montana gel in osteoarthritis of the knee: an open, multicenter clinical trial. Adv.Ther. 2002.
9. Widrig R, Suter A, Saller R, et al. Choosing between NSAID and arnica for topical treatment of hand osteoarthritis in a randomised, double-blind study. Rheumatol.Int 2007.
10. Knuesel O, Weber M et al. Arnica montana gel in osteoarthritis of the knee: an open, multicenter clinical trial. Adv Ther. 2002
11. Widrig R, Suter A, et al. Choosing between NSAID and arnica for topical treatment of hand osteoarthritis in a randomised, double-blind study. J. Rheumatol Int. 2007.
12. Puhlmann J, Zenk MH, Wagner H. Immunologically active polysaccharides of Arnica montana cell cultures. Phytochemistry. 1991.
13. Kotlus BS, Heringer DM, and Dryden RM. Evaluation of homeopathic Arnica montana for ecchymosis after upper blepharoplasty: a placebo-controlled, randomized, double-blind study. Ophthal.Plast.Reconstr.Surg 2010.
14. Leu S, Havey J, White LE, et al. Accelerated resolution of laser-induced bruising with topical 20% arnica: a rater-blinded randomized controlled trial. Br J Dermatol 2010.
15. Étude mentionnée dans : Mills S, Bone K. Principles and Practice of Phytotherapy, Churchill Livingstone, Harcourt Publishers, Grande-Bretagne, 2000.
16. Zicari D, Cumps P, Del Beato P, and et al. Arnica 5 CH activity on retinal function. Invest Opthalmol Visual Science 1997.>
17. Zicari D, Agneni F, Ricciotti F, and et al. Angioprotective action of Arnica 5 CH: preliminary data. Invest Ophthalmol Visual Science 1995.
18. Iannitti T, Morales-Medina JC, Bellavite P, Rottigni V, Palmieri B. Effectiveness and Safety of Arnica montana in Post-Surgical Setting, Pain and Inflammation. Am J Ther. 2016.
19. Oberbaum M, Galoyan N, Lerner-Geva L, Singer SR, Grisaru S, Shashar D, Samueloff A. The effect of the homeopathic remedies Arnica montana and Bellis perennis on mild postpartum bleeding – a randomized, double-blind, placebo-controlled study – preliminary results. Complement Ther Med. 2005.

Thierry Sestrieres
Thierry Sestrieres

Thierry Sestrieres est le gérant de Natura Force, une marque de compléments alimentaires naturels pour la forme et le bien être. Il a pratiqué plusieurs sports depuis son plus jeune âge : Judo, Tae Kwon Do, natation, tennis, football, boxe anglaise, full contact, boxe thaï et musculation. Pour améliorer ses performances et se sentir plus en forme, il s'intéresse à l'alimentation moderne et se spécialise dans la nutrition sportive et les plantes médicinales. Il rédige également de nombreux articles sur cet univers depuis plusieurs années.

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